3ème Chbre Cab B5, 24 février 2025 — 22/09297
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MARSEILLE
TROISIEME CHAMBRE CIVILE - SECTION B
JUGEMENT N°
Enrôlement : N° RG 22/09297 - N° Portalis DBW3-W-B7G-2JTY
AFFAIRE :
Mme [V] [I] [X] veuve [O] (Me Olivier BURTEZ-DOUCEDE de la SCP CABINET BERENGER, BLANC, BURTEZ-DOUCEDE & ASSOCIES) C/ Mme [T] [R] [M] [Z] (Me Alain BOYER)
Rapport oral préalablement fait
DÉBATS : A l'audience Publique du 27 Janvier 2025
COMPOSITION DU TRIBUNAL lors des débats et du délibéré
Président : Madame Corinne MANNONI, Vice-Président Greffier : Madame Sylvie PLAZA, lors des débats
A l'issue de laquelle, la date du délibéré a été fixée au : 24 Février 2025
Les parties ont été avisées que le prononcé public de la décision aura lieu par mise à disposition au greffe le 24 Février 2025
PRONONCE en audience publique par mise à disposition au greffe le 24 Février 2025
Par Madame Corinne MANNONI, Vice-Président
Assistée de Madame Sylvie PLAZA, Greffier
NATURE DU JUGEMENT
contradictoire et en premier ressort
NOM DES PARTIES
DEMANDERESSE
Madame [V] [I] [X] veuve [O] née le 25 Juillet 1952 à [Localité 2] de nationalité Française, demeurant [Adresse 1]
représentée par Me Olivier BURTEZ-DOUCEDE de la SCP CABINET BERENGER, BLANC, BURTEZ-DOUCEDE & ASSOCIES, avocats au barreau de MARSEILLE
C O N T R E
DEFENDERESSE
Madame [T] [R] [M] [Z] née le 17 Septembre 1971 à [Localité 4] de nationalité Française, demeurant [Adresse 3]
représentée par Me Alain BOYER, avocat au barreau de MARSEILLE
FAITS ET PROCEDURE
Suivant acte authentique en date du 22 juillet 2019, [V] [X] veuve [O] a acquis de [T] [Z] un appartement situé à [Localité 5].
Quelques jours après son acquisition, elle a découvert qu'un des copropriétaires perturbait la vie de l'immeuble.
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Par acte en date du 21 septembre 2022, invoquant le dol, [V] [X] veuve [O] a assigné [T] [Z] aux fins qu'elle soit condamnée à lui verser avec exécution provisoire : - la somme de 30.559,17 Euros au titre du préjudice matériel, - la somme de 12.980,00 Euros au titre du remboursement des frais et droits de mutation, - la somme de 10.000,00 Euros au titre du préjudice moral, - la somme de 4.000,00 Euros sur le fondement de l'article 700 du Code de Procédure Civile.
[V] [X] veuve [O] fait valoir : - que [T] [Z] avait connaissance du comportement problématique du voisin, - que [T] [Z] avait prétendu devant le notaire que la copropriété était calme et sans histoire, - qu'aucun des documents qui lui avaient été remis ne faisait état de problèmes de voisinage, - qu'elle n'avait pas pu occuper l'appartement en cause.
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[T] [Z] conclut au débouté, faisant valoir : - que [V] [X] veuve [O] avait été informée du comportement problématique du voisin, - qu'il n'était pas démontré que ce comportement était un élément déterminant du consentement de [V] [X] veuve [O], - que, du reste, [V] [X] veuve [O] ne demandait pas la nullité de la vente, - que les documents versés aux débats par [V] [X] veuve [O] étaient contestables, - qu'aucun incident n'avait eu lieu entre le voisin et [V] [X] veuve [O], contrairement aux allégations de cette dernière, - que le notaire n'avait pas fait mention dans l'acte du comportement du voisin dont il attestait par la suite, - que [V] [X] veuve [O] n'avait jamais occupé l'appartement en cause, - que [V] [X] veuve [O] avait mis l'appartement en cause en location et qu'il était constamment occupé.
Reconventionnellement, elle demande la somme de 5.000,00 Euros sur le fondement de l'article 700 du Code de Procédure Civile.
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MOTIFS
- Sur le dol
L'article 1137 du Code Civil prévoit : Le dol est le fait pour un contractant d'obtenir le consentement de l'autre par des manœuvres ou des mensonges. Constitue également un dol la dissimulation intentionnelle par l'un des contractants d'une information dont il sait le caractère déterminant pour l'autre partie. Néanmoins, ne constitue pas un dol le fait pour une partie de ne pas révéler à son cocontractant son estimation de la valeur de la prestation.
Le 09 janvier 2019, soit antérieurement à la vente, [T] [Z] a déposé une main courante dont il résulte que son voisin du dessus occasionnait différentes nuisances.
Le comportement problématique de ce voisin est confirmé par les attestations produites aux débats.
Il résulte également des attestations de l'agent immobilier et du notaire en charge de la vente que, interrogée par [V] [X] veuve [O] et par le notaire en charge de la vente, [T] [Z] a indiqué que le voisinage ne causait aucune nuisance et confirmé la tranquillité de l'immeuble.
Le fait que [V] [X] veuve [O] ait été informée du fait que le voisin en cause jouait du saxophone ne permet pas de démontrer qu'elle avait été informée de l'ensemble des nuisances qu'il causait.
Le fait que le bien acquis et la copropriété où il est situé ne connaissent pas de problème de voisinage est à l'évidence déterminant du consentement de l'acquéreur.
En l'état de ces éléments, la réticence dolosive de [T] [Z]