Juge Libertés Détention, 25 février 2025 — 25/00448

Maintien de la mesure de soins psychiatriques Cour de cassation — Juge Libertés Détention

Texte intégral

COUR D’APPEL DE BORDEAUX

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BORDEAUX

N° RG 25/00448 - N° Portalis DBX6-W-B7J-2CJV N° Minute :

ORDONNANCE DU 25 Février 2025

A l’audience publique du 25 Février 2025, devant Nous, Florent SZEWCZYK, magistrat du siège du Tribunal judiciaire de Bordeaux, assistée de Olivier PETRIAT, Greffier JLD,

siégeant au Centre Hospitalier Spécialisé Psychiatrique de [Localité 1], dans une salle spécialement aménagée sur l’emprise de l’établissement et répondant aux exigences de l’article L 3211-12-2 du code de la santé publique,

DANS L’INSTANCE ENTRE :

REQUÉRANT :

PREFECTURE DE LA GIRONDE régulièrement avisé, non comparant,

DÉFENDEUR :

M. [Y] [I] né le 23 Février 1993 à [Localité 2] (MARTINIQUE) actuellement hospitalisé au Centre Hospitalier Spécialisé de [Localité 1] régulièrement convoqué, comparant assisté de Me Aurélie TESTU, avocat au barreau de BORDEAUX, avocat commis d’office,

PARTIE INTERVENANTE :

Me Mme [C] [U] - Mandataire régulièrement avisé, non comparant

MINISTÈRE PUBLIC :

Madame le Vice-Procureur de la République régulièrement avisée, non comparante,

****

Vu le code de santé publique, et notamment ses articles L. 3211-1, L. 3211-2-1, L. 3211-2-2, L. 3211-12-1, L. 3211-12-2, L. 3213-1 à L. 3213-11, R. 3211-7 à R. 3211-18, R. 3211-24 à R. 3211-26 et R. 3213-1 à R. 3213-3 ;

Vu l'arrêté du préfet de la Gironde en date du 1er mars 2022 ordonnant la mise en œuvre de soins psychiatriques en faveur de Monsieur [I] [Y] sous la forme d'une hospitalisation complète par application de l'article L. 3213-1 du code de la santé publique,

Vu la dernière décision judiciaire en date du 27 août 2024, autorisant la poursuite de la mesure d'hospitalisation complète,

Vu la requête du préfet de la Gironde enregistrée au greffe le 10 février 2025 et les pièces jointes,

Vu l'avis du Ministère public du 24 février 2025,

L'intéressé était comparant et était assisté de Maître TESTU, avocate au barreau de Bordeaux ;

Le patient a indiqué que tout est correct et normal. Sa grand-mère va venir le voir à l’unité. En 3 ans et demi il n’a eu que 10 visites de sa mère et grand-mère. Il questionnait les prérogatives du juge (anciennement Juge des libertés et de la détention).

Son conseil a précisé que monsieur indique que ça va mieux et il attend le feu vert des médecins en conséquence, il souhaite poursuivre la mesure.

MOTIFS DE LA DÉCISION,

Au terme des dispositions de l'article L. 3213-1 code de la santé publique : “Le représentant de l'Etat dans le département prononce par arrêté, au vu d'un certificat médical circonstancié ne pouvant émaner d'un psychiatre exerçant dans l'établissement d'accueil, l'admission en soins psychiatriques des personnes dont les troubles mentaux nécessitent des soins et compromettent la sûreté des personnes ou portent atteinte, de façon grave, à l'ordre public. Les arrêtés préfectoraux sont motivés et énoncent avec précision les circonstances qui ont rendu l'admission en soins nécessaire.”

Aussi, selon l'article L. 3211-12-1 du code de la santé publique « I. L'hospitalisation complète d'un patient ne peut se poursuivre sans que le juge, préalablement saisi par (…) le représentant de l'Etat (…) ait statué sur cette mesure (...) : 3° Avant l'expiration d'un délai de 6 mois à compter de (…) toute décision du juge (…) lorsque le patient a été maintenu en hospitalisation complète depuis cette décision (…) II. La saisine mentionnée au I du présent article est accompagnée de l'avis motivé d'un psychiatre de l'établissement d'accueil se prononçant sur la nécessité de poursuivre l'hospitalisation complète. ».

Il résulte des éléments figurant au dossier que l'intéressé a été admis au Centre Hospitalier Spécialisé de [Localité 1] en raison d’une pathologie schizophrénique associée à des perturbations de l’humeur entraînant son intégration à l’Unité Malades difficiles (UMD) du centre hospitalier de [Localité 1].

L'avis médical motivé prévu par l'article L. 3211-12-1 II du code de la santé publique établi le 11 février 2025 relève que l'état mental de l'intéressé nécessite toujours des soins assortis d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète. S’il présente plutôt un bon contact, la sédation iatrogène paraît avoir disparu du fait d’une adaptation de la chimiothérapie ad-hoc. La thymie paraît neutre mais il confirme les observation des soignants à savoir que la thymie est fluctuante mais moins fréquemment et moins intense. Son état semble se stabiliser avec l’impact de la chimiothérapie. Dorénavant, il connaît et peut faire des liens entre la théorie clinique et son vécu ainsi que le principe de causalité l’ayant mené à des actes violent qu’il critique de manière adaptée. Malheureusement, il est en demande de réduction de son traitement de fond et de reprise d’un traitement mésusé à visée de défonce par le passé. L’addiction qui en découle nécessite donc de toujours être travaillée. L’hospitalisation complète demeure donc nécessa