JEX, 4 mars 2025 — 24/10974

Déclare la demande ou le recours irrecevable Cour de cassation — JEX

Texte intégral

COUR D’APPEL D’[Localité 3] TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MARSEILLE JUGE DE L’EXECUTION

DOSSIER : N° RG 24/10974 - N° Portalis DBW3-W-B7I-5QQC MINUTE N° : 25/

Copie exécutoire délivrée le 04 Mars 2025 à M. [N] Copie certifiée conforme délivrée le 04 Mars 2025 à Me HABERT

JUGEMENT DU 04 MARS 2025

COMPOSITION DU TRIBUNAL

PRESIDENT : Madame DESMOULIN, Vice-Présidente, GREFFIER : Madame KELLER, Greffier

L’affaire a été examinée à l’audience publique du 21 Janvier 2025 du tribunal judiciaire de MARSEILLE, tenue par Madame DESMOULIN, Vice-Présidente, juge de l’exécution par délégation du président du tribunal judiciaire de Marseille, assistée de Madame KELLER, Greffier.

L’affaire oppose :

DEMANDERESSE

Madame [Z] [W] née le [Date naissance 1] 1974 à [Localité 4] (13), demeurant [Adresse 6][Adresse 5]

représentée par Me Sarah HABERT, avocat au barreau de MARSEILLE

DEFENDERESSE

CAISSE D’ALLOCATIONS FAMILIALES DES BOUCHES-DU- RHONE, dont le siège social est sis [Adresse 2] prise en la personne de son représentant légal en exercice domicilié en cette qualité audit siège

représentée par M. [G] [N] muni d’un pouvoir spécial

Al’issue des débats, l’affaire a été mise en délibéré. Le président a avisé les parties que le jugement serait prononcé le 04 Mars 2025 par mise à disposition au greffe de la juridiction.

NATURE DE LA DECISION : Contradictoire et en premier ressort

EXPOSE DU LITIGE

Par requête en conciliation enregistrée au greffe le 11 avril 2024 la Caisse des Allocations Familiales des Bouches-du-Rhône a sollicité la saisie des rémunérations de Mme [Z] [W] à hauteur de 33.789,29 euros.

Par acte d’huissier en date du 25 avril 2024 la Caisse des Allocations Familiales des Bouches-du-Rhône a fait citer Mme [Z] [W] devant le juge de l’exécution du tribunal judiciaire de Marseille à l’audience de conciliation du 14 mai 2024 pour recouvrer la somme de 33.846,41 euros..

A l’audience du 17 septembre 2024 Mme [Z] [W] a soulevé une contestation.

L’affaire a été renvoyée à l’audience du juge de l’exécution du 23 novembre 2024.

A l’audience du 21 janvier 2025, Mme [Z] [W] s’est référée à ses conclusions par lesquelles elle a demandé de - constater que la Caisse des Allocations Familiales des Bouches-du-Rhône est prescrite en son action - constater que les éléments à l’origine de l’indû revendiqué par la Caisse des Allocations Familiales des Bouches-du-Rhône font défaut - débouter la Caisse des Allocations Familiales des Bouches-du-Rhône de ses demandes - subsidiairement lui accorder les plus larges délais de paiement.

La Caisse des Allocations Familiales des Bouches-du-Rhône s’est référée à ses conclusions par lesquelles elle a demandé de déclarer irrecevables les demandes de Mme [Z] [W].

Il est expressément référé, en application de l’article 455 du code de procédure civile, à l’exploit introductif d’instance et aux conclusions pour connaître des faits, moyens et prétentions des parties. MOTIFS DE LA DÉCISION

Aux termes de l’article R. 3252-1 du code du travail, tout créancier muni d’un titre exécutoire constatant une créance liquide et exigible peut faire procéder à la saisie des rémunérations dues par un employeur à son débiteur.

La demande de la Caisse des Allocations Familiales des Bouches-du-Rhône est fondée sur une contrainte délivrée par son Directeur en date du 25 mai 2023 à l’encontre de Mme [Z] [W] aux fins de recouvrement de la somme principale de 33.820,41 euros au titre d’un indu de * d’un indu de prime d’activité sur la période du 01/03/20 au 28/02/22 *d’un indu de prestations familiales (allocation de présence parentale et complément pour frais) sur la période du 01/03/13 au 30/04/14 et du 01/05/11 au 28/02/13

*d’un indu de prestations familiales (allocation rentrée scolaire, allocations familiales) sur la période du 01/03/20 au 31/08/21.

Cette contrainte a été régulièrement signifiée à Mme [Z] [W] le 14 juin 2023. Mme [Z] [W] n’a pas formé d’opposition.

Ainsi la contrainte délivrée par le directeur de la Caisse des Allocations Familiales comporte tous les effets d’un jugement à défaut d'opposition du débiteur formée devant le pôle social du tribunal judiciaire de Marseille dans les quinze jours de sa signification.

Ainsi, comme le relève de façon pertinente la Caisse des Allocations Familiales des Bouches-du-Rhône, les moyens soulevés par Mme [Z] [W] tirés de la prescription de la créance et du montant des cotisations réclamées ressortent de la seule compétence du pôle social du tribunal judiciaire de Marseille, le juge de l’exécution ne pouvant remettre en cause ni le titre exécutoire servant de base aux poursuites ni la créance qu’il constate.

Dès lors les contestations de Mme [Z] [W] n’entrent pas dans le champ de compétence du juge de l’exécution. Le défaut de pouvoir juridictionnel de la juridiction saisie constitue une fin de non recevoir. Elles seront donc déclarées irrecevables.

Dès lors, la saisie des rémunérations de Mme [Z] [W] sera ordonnée pour