Juge Libertés Détention, 6 mars 2025 — 25/00163

Maintien de la mesure de soins psychiatriques Cour de cassation — Juge Libertés Détention

Texte intégral

ORDONNANCE DU : 06 Mars 2025 DOSSIER N° : N° RG 25/00163 - N° Portalis DBX2-W-B7J-K5AN

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NIMES magistrat du tribunal judiciaire de NIMES

ORDONNANCE En matière de soins sans consentement

Nous, Elodie DUMAS, vice-présidente, magistrat du tribunal judiciaire de NIMES, , siégeant à l’Annexe du tribunal judiciaire du CHU de NIMES assistée de Monsieur PAINSET, Greffier ,

Vu la procédure concernant :

Madame [U] [X] née le 06 Février 1960 à [Adresse 2] [Localité 1]

actuellement hospitalisée sans consentement au CHU de NIMES depuis le 24 février 2025;

Vu la décision portant admission en soins psychiatriques prise le 24 février 2025 en urgence par Monsieur le Préfet

Vu la saisine en date du 03 Mars 2025 de Monsieur le Préfet du GARD tendant au contrôle de la mesure d’hospitalisation complète ;

Vu le dossier prévu à l’article R 3211-11 du Code de la Santé Publique ;

Vu l’audience publique en date du 06 Mars 2025 tenue à l’Annexe du tribunal judiciaire du CHU de NIMES à laquelle a comparu la patiente, Madame [U] [X] , dûment avisée, assisté par Me Annélie DESCHAMPS, avocat commis d’office et assistée par M [J], interprète en langue berbère, inscrit sur la liste de la Cour d’appel de NIMES .

Vu les observations écrites de Monsieur le Procureur de la République, favorable à la poursuite de la mesure, absent à l’audience ;

MOTIFS

Selon l'article L.3212-1 du Code de la Santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être admise en soins psychiatriques sans son consentement sur la décision du directeur d'un établissement psychiatrique que si : 1° Ses troubles rendent impossible son consentement ; 2° son état impose des soins immédiats assortis soit d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d'une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous une autre forme.

Madame [U] [X] a été hospitalisée sans son consentement au vu du certificat médical établi par le Docteur [D] [P] en date du 24 février 2025 faisant état des éléments uivants “patiente admise aux urgences devant une agitation au domicile avec verbalisation d’une humeur (?) ayant nécessité une contention chimique et psyhique aux urgences; Admise dans les suites en soins libres à l’unité des troubles thymiques. Depuis son admission dans l’unité, elle présente des troubles du comportement avec : hétéroagressivité, hostilité, désorganisation comportamentale, insomnie, avec refus total des soins proposés, qu’ils soient psychiatriques ou somatiques. Elle a pu verbaliser des idées suicidaires. Elle se jette plusieurs fois au sol avec mise en danger de la personne”. En entretien réalisée avec un traducteur la patiente est la plupart du temps mutique avec opposition active (..) des éléments délirants de persécution et des idées délirante mystiques qui semblent être de mécanisme principalement hallucinatoire. elle se montre méfiante, hostilé, hétéroagressivité envers un soignant aidant à traduire et menaces à mon encontre. Son état nécessite des soins urgents et ne peut consentir aux soins”, décrivant un état nécessitant une prise en charge médicale ;

Madame [U] [X] a été maintenue en hospitalisation complète au regard du certificat médical établi par le docteur [C] [R] en date du 27 février 2025 ;

Aux termes de l'avis motivé du [M] [G] en date du 03 mars 2025, ce médecin indique : “ Patiente initialement admise en secteur ouvert. Très rapidement, elle a présenté des troubles du comportement avec de l’hétéro- agressivité ne permettant plus le maintien d’une prise en charge en soins libres, une SDRE a été mise en place devant la dangerosité psychiatrique et le refus de l’entourage de signer une lettre de tiers. ll persiste à ce jour une franche excitation psychomotrice avec un discours logorrhéique et tachyphémique, tachypsychique. On retrouve également une forte instabilité sychomotrice, une absence totale de sédation malgré un traitement psychotrope à fortes posologies. Le sommeil commence à s’améllorer depuis 48heures mais on retrouvait auparavant une insomnie totale sans fatigue diurne. ll est à noter que les différents entretiens sont réalisés en présence d’un soignant parlant sa langue ou de sa fille pour permettre la traduction, la patiente ne parlant pas le français.ll persiste à ce jour au vu de la symptomatologie sus-décrite une dangerosité psychiatrique évidente.”, et qu’en conséquence, la mesure de soins psychiatriques sans consentement avec hospitalisation à temps complet doit se poursuivre ;

Lors de l’audience, Madame [U] [X] s’est exprimée, expliquant sur le contexte de son hospitalisation, qu’elle avait hurlé, s’était mise à la fenêtre et que les voisins avaient appelés l’ambulance ; sur ces motivations, elle déclare “je me ressens comme tout le monde, les pauvres, la guerre, comment les gens vont manger, il n’y a pas de travail” ; elle estime qu’elle se sent mieux et se sentirait encore mieux si elle rentrait à son domicile ; elle expli