J.L.D. HSC, 7 mars 2025 — 25/01772

Mainlevée de la mesure de soins psychiatriques Cour de cassation — J.L.D. HSC

Texte intégral

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE [Localité 4]

ORDONNANCE STATUANT SUR LA POURSUITE D=UNE MESURE D=HOSPITALISATION COMPLÈTE - DÉLAI DE 6 MOIS ADMISSION A LA DEMANDE D=UN TIERS OU EN CAS DE PÉRIL IMMINENT

N° RG 25/01772 - N° Portalis DB3S-W-B7J-[Immatriculation 2] MINUTE: 25/454

Nous, Raphaëlle AGENIE-FECAMP, juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire de BOBIGNY, assisté de Sagoba DANFAKHA, greffier, avons rendu la décision suivante concernant:

LA PERSONNE EN SOINS PSYCHIATRIQUES :

Monsieur [P] [D] [W] né le 11 Mars 2003 à [Localité 3] Domicile indéterminé en région parisienne

Etablissement d=hospitalisation: L=[Localité 5] DE VILLE-EVRARD

Absent représenté par Me Adrien NAMIGOHAR, avocat commis d=office

PERSONNE A L=ORIGINE DE LA SAISINE

Madame la directrice de L=[Localité 5] DE VILLE-EVRARD Absente

MINISTÈRE PUBLIC

Absent A fait parvenir ses observations par écrit le 06 mars 2025

Le 09 septembre 2024, la directrice de L’[Localité 5] DE VILLE-EVRARD a prononcé la décision d’admission en soins psychiatriques de [P] [D] [W].

Le 17 septembre 2024, le juge des libertés et de la détention a statué sur cette mesure en application de l=article L. 3211-12, L. 3213-5 ou L. 3211-12B1 du Code de la santé publique.

Depuis cette date, [P] [D] [W] fait l=objet d=une hospitalisation complète au sein de L=[Localité 5] DE VILLE-EVRARD.

Le 27 février 2025, la directrice de l=établissement a saisi le juge des libertés et de la détention aux fins de poursuite de l=hospitalisation complète de [P] [D] [W].

Le ministère public a fait connaître son avis par conclusions écrites du 06 mars 2025.

A l=audience du 07 mars 2025, Me Adrien NAMIGOHAR, conseil de [P] [D] [W], a été entendu en ses observations.

L=affaire a été mise en délibéré à ce jour.

MOTIFS

Vu la décision du directeur de l’Etablissement Public de Santé de Ville Evrard en date du 04 09 2024 à effet au 03 09 2024 prononçant l’admission initiale en hospitalisation complète de [P] [D] [S] ;

Vu l’ordonnance du juge des libertés et de la détention maintenant cette mesure d’hospitalisation complète en date du 13 09 2024 ;

Vu les certificats médicaux mensuels de situation en date des 27 09 2024 par le Dr [X], constatant la fugue du patient en date du 26 09 2024 ; 04 10 2024 par le Dr [U], 04 11 et 04 12 2024 par le Dr [V], 06 01 2025 par le Dr [X], 06 02 2025 par le Dr [R];

Vu les décisions administratives portant maintien de la mesure de soins psychiatrique en date des 04 10, 04 11, 04 12 2024, 06 01 et 06 02 2025;

Vu la saisine par le directeur de l’établissement du juge des libertés et de la détention reçue au greffe de la juridiction le 26 02 2025;

Vu l’avis motivé à six mois en date du 26 02 2025 établi par le Dr [R];

Vu les réquisitions écrites du ministère public en date du 06 03 2025;

Vu le débat contradictoire en date du 07 03 2025;

Vu les articles L3211-1 et suivants, L.3212-1 et suivants du code de la santé publique ;

L’hospitalisation sans son consentement d’une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe, résultant de l’article 66 de la Constitution, selon lequel la liberté individuelle ne saurait être entravée par une rigueur qui ne soit pas nécessaire (Conseil Constitutionnel, décision 2010/71 QPC du 26 novembre 2010). La protection de la liberté individuelle peut notamment trouver sa limite dans la protection de la sécurité de la personne objet des soins et des tiers auquel elle pourrait porter atteinte.

Selon l'article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être admise en soins psychiatriques sans son consentement sur la décision du directeur d’un établissement psychiatrique que si : 1° ses troubles rendent impossible son consentement ; 2° son état impose des soins immédiats assortis soit d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous une autre forme.

Le juge des libertés et de la détention doit contrôler en application de l’article L3216-1 du code de la santé publique la régularité des décisions administratives prises en matière d’hospitalisation complète. En application de l’article L3211-3 du code de la santé publique il doit aussi veiller à ce que les restrictions à l’exercice des libertés individuelles du patient soient adaptées, nécessaires et proportionnées à son état mental et à la mise en œuvre du traitement requis. Le juge ne peut dans le cadre de son contrôle se substituer à l’autorité médicale s’agissant de l’évaluation du consentement du patient, du diagnostic posé ou des soins.

[P] [D] [S] était hospitalisé (e) à l’Etablissement Public de Santé de Ville Evrard sans son consentement le 03 09 2024 sur la base d’un certificat médical établi par le Dr [T] faisant état d’une incurie, d’une discordance idéo-affective, d’une désorganisation du discours, d’un rationalisme morbide, d’un déni de la maladie et d’une ambivalen