PCP JTJ proxi fond, 14 mars 2025 — 24/01068

Fait droit à une partie des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur Cour de cassation — PCP JTJ proxi fond

Texte intégral

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE [Localité 4] [1]

[1] Copie conforme délivrée le : à : Maître LALEVIC

Copie exécutoire délivrée le : à : Maître HUBERT

Pôle civil de proximité ■

PCP JTJ proxi fond N° RG 24/01068 - N° Portalis 352J-W-B7I-C37PJ

N° MINUTE : 3 JTJ

JUGEMENT rendu le vendredi 14 mars 2025

DEMANDEUR Monsieur [Y] [T], demeurant [Adresse 1]

représenté par Maître HUBERT, avocat au barreau de Paris, vestiaire #K154

DÉFENDEUR Monsieur [K] [P], demeurant [Adresse 2]

représenté par Maître LALEVIC, avocat au barreau de Paris, vestiaire #D1757

COMPOSITION DU TRIBUNAL Anne ROSENZWEIG, Vice-présidente, statuant en juge unique assistée de Laura JOBERT, Greffier,

DATE DES DÉBATS Audience publique du 23 janvier 2025

JUGEMENT contradictoire, en premier ressort, prononcé par mise à disposition le 14 mars 2025 par Anne ROSENZWEIG, Vice-présidente assistée de Laura JOBERT, Greffier

Décision du 14 mars 2025 PCP JTJ proxi fond - N° RG 24/01068 - N° Portalis 352J-W-B7I-C37PJ

EXPOSE DU LITIGE

Par acte sous seing privé du 5 août 2023, [Y] [T] a acheté un véhicule d’occasion de marque MERCEDES-BENZ, modèle CLASSE V 220, immatriculé [Immatriculation 3] au prix de 5.300 euros à [K] [P]. Le vendeur a remis à l’acquéreur un certificat de cession du véhicule, un certificat de situation administrative et une copie du certificat d’immatriculation.

[Y] [T] a rencontré des difficultés avec ce véhicule, a constaté des anomalies sur les documents remis et a porté plainte pour faux, usage de faux et escroquerie, le 9 août 2023.

Le 23 août 2023, [Y] [T] a confié le véhicule à un réparateur agréé MERCEDES BENZ.

Par courrier du 7 septembre 2023, le conseil d’[Y] [T] a mis en demeure [K] [P] de lui rembourser le prix d’achat en contrepartie de la restitution du véhicule et de l’indemniser du préjudice subi.

Par exploit en date du 8 janvier 2024, [Y] [T] a fait assigner [K] [P] devant le pôle civil de proximité du tribunal judiciaire de Paris.

L’affaire a été renvoyée afin de mise en état.

A l’audience du 23 janvier 2025, [Y] [T] a sollicité, sur le fondement des articles 1604, 1641 et suivants du code civil, R322-4 et R322-5 du code de la route, et de l’article 5 bis du décret n°78-993 du 4 octobre 1978 : le prononcé de la résolution de la vente intervenue le 5 août 2023 ;la condamnation de monsieur [P] à lui restituer la somme de 5.300 euros correspondant au prix de vente et ce, en contrepartie de la restitution par ce dernier du véhicule ;la condamnation de [K] [P] à lui verser la somme de 3.755,98 euros à titre de dommages intérêts pour le préjudice subi,la condamnation de [K] [P] aux entiers dépens de l’instance ainsi qu’à lui verser la somme de 1.500 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile. A l'audience, [Y] [T], représenté par son conseil, a maintenu ses demandes, indiquant que le vendeur avait manqué à son obligation de délivrance, en ne lui remettant pas le certificat d’immatriculation, le procès-verbal de contrôle technique, et l’ensemble des documents à remplir pour permettre le transfert. Il explique que le véhicule vendu était affecté de vices cachés, le rendant impropres à sa destination.

[K] [P] a comparu, et a sollicité le rejet des demandes d’[Y] [T], qu’il soit dit que la vente est valable et qu’il n’y a pas lieu à restitution et que le demandeur soit tenu aux dépens.

Au soutien de ses demandes, [K] [P] indique avoir proposé de faire établir le certificat d’immatriculation pour le compte d’[Y] [T], mais que celui-ci ne lui a pas remis les documents nécessaires pour cela. Il souligne que le véhicule a été inspecté par [Y] [T] et qu’il l’a acquis après avoir pris connaissance du procès-verbal de contrôle technique. Il souligne que l’état du véhicule était connu de l’acquéreur qui ne saurait donc se prévaloir de quelque vice caché que ce soit.

La décision, contradictoire, a été mise en délibéré au 14 mars 2025.

MOTIFS DE LA DECISION

Sur la demande principale de résolution de la vente et ses conséquences pécuniaires et matérielles

L'article 9 du code de procédure civile expose qu'« il incombe à chaque partie de prouver conformément à la loi les faits nécessaires au succès de sa prétention ».

Aux termes de l’article 1604 du code civil, la délivrance est le transport de la chose vendue en la puissance et possession de l'acheteur. L’article R322-4 du code de la route dispose qu’en cas de changement de propriétaire d'un véhicule soumis à immatriculation et déjà immatriculé, l'ancien propriétaire doit effectuer, dans les quinze jours suivant la cession, une déclaration au ministre de l'intérieur l'informant de cette cession et indiquant l'identité et le domicile déclarés par le nouveau propriétaire. […]. La remise du certificat d'immatriculation doit être accompagnée d'un certificat, établi depuis moins de quinze jours par le ministre de l'intérieur, attestant à sa date d'édition de la situation administrative du véhicule. Celle-ci précise l'existence ou non d'un gage