Service des référés, 19 mars 2025 — 25/50671
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE [Localité 6]
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N° RG 25/50671 - N° Portalis 352J-W-B7I-C6NDV
N° : 4
Assignation du : 24 Janvier 2025
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[1] 2 Copies exécutoires délivrées le:
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ rendue le 19 mars 2025
par Anne-Charlotte MEIGNAN, Vice-Président au Tribunal judiciaire de Paris, agissant par délégation du Président du Tribunal,
Assistée de Daouia BOUTLELIS, Greffier DEMANDERESSE
S.A.S. FEDAL HOLDINGS [Adresse 1] [Localité 5]
représentée par Me Christian FOURN, avocat au barreau de PARIS - #J0064
DEFENDERESSE
S.A.S. L’IMMOBILIERE MOGADOR [Adresse 3] [Localité 4]
représentée par Me Edouard FABRE, avocat au barreau de PARIS - #P0010
DÉBATS
A l’audience du 12 Février 2025, tenue publiquement, présidée par Anne-Charlotte MEIGNAN, Vice-Président, assistée de Daouia BOUTLELIS, Greffier,
Nous, Président,
Après avoir entendu les conseils des parties,
Aux termes d’un acte sous seing privé signé le 21 février 2017, Monsieur [V], aux droits duquel vient la SAS FEDAL HOLDINGS, a consenti à la SARL L'IMMOBILIERE MOGADOR, un contrat de bail portant sur des locaux commerciaux situés [Adresse 2] à [Localité 7] moyennant le paiement d'un loyer annuel principal de 24 019,56 euros.
Des loyers sont demeuré impayés et le bailleur a fait délivrer au preneur le 2 août 2024 un commandement de payer la somme de 9935,54 € au titre des loyers échus à cette date, visant la clause résolutoire stipulée au contrat de bail.
Se prévalant de l'acquisition de la clause résolutoire, la SAS FEDAL HOLDINGS a, par exploit délivré le 24 janvier 2025, fait citer la SARL L'IMMOBILIERE MOGADOR devant le président du tribunal judiciaire de Paris, statuant en référé, aux fins de : - constater l’acquisition de la clause résolutoire à compter du 2 septembre 2024, - ordonner l’expulsion de la défenderesse et de tout occupant de son chef avec au besoin l’assistance de la force publique et d’un serrurier, outre la séquestration des meubles, - condamner la défenderesse au paiement, à titre de provision et à compter du 3 septembre 2024 d'une indemnité d'occupation mensuelle équivalente au montant du loyer, charges et taxes en sus, jusqu'à libération des lieux, - la condamner au paiement de la somme provisionnelle de 24 607,64€ au titre des loyers et indemnités d'occupation arriérés au mois de janvier 2025 inclus, avec intérêts au taux légal à compter du 2 août 2024, - condamner la défenderesse au paiement de la somme de 2000 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile, ainsi qu'aux dépens dont le coût du commandement de payer.
A l'audience, le requérant actualise la dette locative à la somme de 27 233,86€, terme de février 2025 et s'oppose aux délais de paiement.
En réponse, la société défenderesse sollicite l'octroi d'un délai de trois mois pour le règlement de sa dette locative, l'échéancier commençant à courir à compter du 5ème jour suivant la signification de la décision, délais suspensifs des effets de la clause résolutoire. Elle sollicite le rejet du surplus des demandes.
Conformément aux dispositions des articles 455 et 446-1 du code de procédure civile, pour un plus ample exposé des faits, de la procédure et des moyens, il est renvoyé à l'acte introductif d’instance, aux écritures ainsi qu’aux notes d’audience.
MOTIFS
Sur la provision
Aux termes de l'article 835 du code de procédure civile, dans les cas où l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable, le président du tribunal judiciaire peut accorder une provision au créancier, ou ordonner l'exécution de l'obligation même s'il s'agit d'une obligation de faire.
La défenderesse ne conteste pas le décompte locatif, lequel fait apparaître qu'elle reste redevable d'une somme non sérieusement contestable de 27 233,86€ au titre de la dette locative arrêtée au 11 février 2025, terme de février 2025 inclus. Elle sera en conséquence condamnée au paiement de cette somme par provision, avec intérêts au taux légal à compter du 2 août 2024 sur la somme de 9935,54 €.
Sur l'acquisition de la clause résolutoire
Aux termes de l’article 834 du code de procédure civile, dans tous les cas d'urgence, le président du tribunal judiciaire peut ordonner en référé toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l'existence d'un différend.
Le juge des référés n'est toutefois pas tenu de caractériser l'urgence pour constater l'acquisition de la clause résolutoire et la résiliation de droit d'un bail.
L'article L.145-41 du code de commerce dispose que « toute clause insérée dans le bail prévoyant la résiliation de plein droit ne produit effet qu'un mois après un commandement demeuré infructueux. Le commandement doit, à peine de nullité, mentionner ce délai ».
En l’espèce, l'article XV du contrat de bail stipule qu’à défaut de paiement intégral à son échéance exacte d’un seul terme de loyer ou d'un complément de dépôt de garantie, ou de toutes sommes quelconques dues en vertu du bail et de ses acce