JCP- Juge Ctx Protection, 11 mars 2025 — 24/00048
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE CLERMONT-FERRAND 16, place de l'Étoile - CS 20005 63000 CLERMONT-FERRAND ☎ : 04.73.31.77.00
N° RG 24/00048 - N° Portalis DBZ5-W-B7I-J2WO
NAC : 53D 0A
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
Du : 11 Mars 2025
Madame [X] [T] épouse [B] Rep/assistant : Me Anne JEAN, avocat au barreau de CLERMONT-FERRAND Monsieur [V] [B] Rep/assistant : Me Anne JEAN, avocat au barreau de CLERMONT-FERRAND
C /
S.A. LCL CREDIT LYONNAIS Rep/assistant : Maître Jean-eudes BASSET de la SCP BASSET, avocats au barreau de CLERMONT-FERRAND
GROSSE DÉLIVRÉE
LE : 11 Mars 2025
A :Me Anne JEAN,
C.C.C. DÉLIVRÉES
LE : 11 Mars 2025
A :Me Anne JEAN,
Maître Jean-Eudes BASSET
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ
Sous la Présidence de Grégoire KOERCKEL, Juge des contentieux de la protection, assisté de Sameh BENHAMMOUDA, Greffier ;
Après débats à l'audience du 14 Janvier 2025 avec mise en délibéré pour le prononcé de l'ordonnance au 11 Mars 2025, l'ordonnance suivante a été rendue par mise à disposition au greffe ;
ENTRE :
DEMANDEURS :
Madame [X] [T] épouse [B], demeurant 1 rue de la Paix - 63122 CEYRAT représentée par Me Anne JEAN, avocat au barreau de CLERMONT-FERRAND
Monsieur [V] [B], demeurant 1 rue de la Paix - 63122 CEYRAT représenté par Me Anne JEAN, avocat au barreau de CLERMONT-FERRAND
ET :
DÉFENDEUR :
La S.A. LCL CREDIT LYONNAIS, dont le siège social est 2 place de Charles de Gaulle - 63400 CHAMALIÈRES, pris en la personne de son représentant légal en exercice domicilié en cette qualité audit siège
représentée par Maître Jean-Eudes BASSET de la SCP BASSET, avocats au barreau de CLERMONT-FERRAND
EXPOSÉ DU LITIGE
Par acte du 27 novembre 2024, [V] [B] et [X] [T] épouse [B] ont fait assigner la SA LCL Crédit Lyonnais devant le Juge des Contentieux de la Protection du Tribunal Judiciaire de Clermont-Ferrand, statuant en référés, aux fins d'obtenir, sous le bénéfice de l’exécution provisoire, la suspension ainsi que le report pour deux ans et sans intérêts de leurs obligations au titre du contrat de prêt souscrit auprès de cet organisme et de statuer ce que de droit sur les dépens. Subdiairement, les consorts [B] sollicitent une baisse de leurs mensualités à la somme de 200 euros. * * Lors de l’audience, [V] [B] et [X] [T] épouse [B] sollicitent le bénéfice de leur acte introductif d’instance. Au soutien de leurs prétentions, ils expliquent qu’ils ont conclu un prêt immobilier avec la SA LCL Crédit Lyonnais aux fins de financer la rénovation ainsi que l’extension d’une maison d’habitation située sur la commune de Saint-Genes-Champanelle. Toutefois, ils ajoutent que les travaux ont pris un retard conséquent et qu’il existe de nombreux désordres de sorte qu’ils n’ont pas la possibilité de prendre possession de leur maison. Dans ce contexte, les consorts [B] précisent qu’ils ont été contraint de rester en location et qu’ils n’ont pas les ressources suffisantes pour s’acquitter du loyer ainsi que du crédit immobilier. La SA LCL Crédit Lyonnais, quant à elle, indique qu’elle s’en rapporte sur la demande de suspension des échéances du prêt. Le cas échéant, elle sollicite le maintien des cotisations d’assurance et des intérêts durant la période de suspension ainsi que la condamnation des consorts [B] au paiement des entiers dépens de l’instance. * * * MOTIFS DE LA DÉCISION
Sur la demande de délais L'article L314-20 du Code de la Consommation dispose que l'exécution des obligations du débiteur peut être, notamment en cas de licenciement, suspendue par ordonnance du juge des contentieux de la protection dans les conditions prévues à l'article 1343-5 du Code Civil. L'ordonnance peut décider que, durant le délai de grâce, les sommes dues ne produiront point intérêt. En outre, le juge peut déterminer dans son ordonnance les modalités de paiement des sommes qui seront exigibles au terme du délai de suspension, sans que le dernier versement puisse excéder de plus de deux ans le terme initialement prévu pour le remboursement du prêt ; il peut cependant surseoir à statuer sur ces modalités jusqu'au terme du délai de suspension. En l’espèce, [V] [B] et [X] [T] épouse [B] produisent des éléments relatifs à leur situation financière et justifient de l’impossibilité de s’acquitter des mensualités du prêt immobilier ainsi que de leur loyer. Au regard des éléments susvisés, il apparait indispensable de suspendre les obligations du contrat de prêt immobilier du 25 avril 2021. De même, compte tenu de la situation financière précaire des débiteurs, il apparait également justifié de préciser que, durant le délai de grâce, les sommes dues ne produiront pas intérêt. En revanche, afin de permettre le maintien de l’assurance emprunteur, il n’y a pas lieu d’étendre cette suspension aux cotisations d’assurance. Sur les autres demandes En l'espèce, il y a lieu de mettre les dépens à la charge des emprunteurs au motif que la procédure est à leur bénéfice exclusif sans faute du prêteur. * * * PAR CES MOTIFS,