Chambre Sociale, 21 mars 2025 — 23/01691
Texte intégral
N° RG 23/01691 - N° Portalis DBV2-V-B7H-JLVY
COUR D'APPEL DE ROUEN
CHAMBRE SOCIALE ET DES AFFAIRES DE
SECURITE SOCIALE
ARRET DU 21 MARS 2025
DÉCISION DÉFÉRÉE :
23/00019
Jugement du POLE SOCIAL DU TJ DE ROUEN du 03 mars 2023
APPELANTE :
CPAM [Localité 3]
[Adresse 2]
[Adresse 2]
représentée par Me Vincent BOURDON, avocat au barreau de ROUEN
INTIME :
Monsieur [F] [X]
[Adresse 1]
[Adresse 1]
[Adresse 1]
représenté par Me Gontrand CHERRIER de la SCP CHERRIER BODINEAU, avocat au barreau de ROUEN substitué par Me Nicolas BODINEAU, avocat au barreau de ROUEN
COMPOSITION DE LA COUR :
En application des dispositions de l'article 945-1 du Code de procédure civile, l'affaire a été plaidée et débattue à l'audience du 23 Janvier 2025 sans opposition des parties devant Madame ROGER-MINNE, Conseillère, magistrat chargé d'instruire l'affaire.
Le magistrat rapporteur a rendu compte des plaidoiries dans le délibéré de la Cour composée de :
Madame BIDEAULT, Présidente
Madame ROGER-MINNE, Conseillère
Madame DE BRIER, Conseillère
GREFFIER LORS DES DEBATS :
Mme WERNER, Greffière
DEBATS :
A l'audience publique du 23 janvier 2025, où l'affaire a été mise en délibéré au 21 mars 2025
ARRET :
CONTRADICTOIRE
Prononcé le 21 Mars 2025, par mise à disposition de l'arrêt au greffe de la Cour, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article 450 du Code de procédure civile,
signé par Madame BIDEAULT, Présidente et par Mme WERNER, Greffière.
* * *
EXPOSÉ DES FAITS ET DE LA PROCÉDURE
M. [F] [X] a déclaré à la caisse primaire d'assurance maladie de [Localité 3] (la caisse) une tendinopathie de la coiffe des rotateurs de l'épaule droite constatée le 10 juillet 2013, qui a été prise en charge au titre de la législation sur les risques professionnels.
La caisse a fixé son taux d'incapacité permanente partielle (IPP) à 8 %.
Elle a par ailleurs pris en charge, au titre de la maladie professionnelle, une rechute déclarée le 8 juin 2020. La date de consolidation de l'état de santé de l'assuré a été fixée au 16 octobre 2020 et le taux d'IPP à 20 %.
M. [X] a contesté ce taux devant la commission médicale de recours amiable qui l'a maintenu.
Il a poursuivi sa contestation devant le pôle social du tribunal judiciaire de Rouen qui, par jugement du 3 mars 2023, a :
- fixé dans les rapports entre la caisse et M. [X] le taux d'IPP à 30 % au 16 octobre 2020, à la suite de la rechute du 8 juin 2020 ;
- condamné la caisse aux dépens.
Celle-ci a relevé appel le 9 mai 2023.
EXPOSÉ DES PRÉTENTIONS ET MOYENS DES PARTIES
Par conclusions remises le 17 janvier 2025, soutenues oralement, la caisse demande à la cour de :
- confirmer le taux anatomique de 25 % attribué par le tribunal,
- infirmer la décision en ce qu'elle a fixé un taux professionnel à hauteur de 5 %,
- juger que M. [X] ne remplit pas les conditions d'octroi d'un taux professionnel,
- le condamner aux dépens d'appel.
Elle fait valoir que le taux professionnel n'a pas pour objectif de constituer un revenu de remplacement ni d'indemniser l'incidence professionnelle consistant en une pénibilité au travail ni une perte de gains professionnels, déjà indemnisée par la rente ; que ce taux consiste à indemniser l'incidence des séquelles de l'assuré sur sa situation de carrière, entraînant un déclassement de sa catégorie socioprofessionnelle ou un licenciement pour inaptitude ; qu'en l'espèce, M. [X], qui a été licencié pour motif économique, ne produit aucun élément établissant l'existence d'une incidence professionnelle en lien direct et certain avec la seule maladie professionnelle.
Par conclusions remises le 23 janvier 2025, soutenues oralement, M. [X] demande à la cour de :
- confirmer le jugement en toutes ses dispositions,
- débouter la caisse de ses demandes,
- la condamner aux dépens et au paiement d'une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile.
Il soutient que le taux professionnel doit prendre en considération la dévalorisation sur le marché du travail, la perte de chance professionnelle, la pénibilité de l'emploi, l'abandon d'une profession ou la perte/diminution de droits à la retraite. Il précise qu'il exerçait les fonctions de cariste préparateur de commandes et que le port de charges était globalement impossible au-delà de 10 kg. Il considère qu'au regard de cet élément et de son âge, soit 59 ans au moment de la consolidation, l'exercice de son métier était totalement impossible, indépendamment du motif de la rupture du contrat de travail et que toute reconversion était totalement illusoire.
Il est renvoyé aux conclusions des parties pour l'exposé détaillé de leurs moyens.
MOTIFS DE LA DÉCISION :
1/ Sur l'évaluation du taux d'IPP
En application de l'article L. 434-2 du code de la sécurité sociale le taux d