JLD, 28 mars 2025 — 25/01333
Texte intégral
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE Au nom du Peuple Français
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BOULOGNE SUR MER
ORDONNANCE STATUANT SUR UNE DEMANDE DE PROLONGATION DE RETENTION
MINUTE: 25/464 Appel des causes le 28 Mars 2025 à 10h00 en visioconférence Div\étrangers N° étr\N° RG 25/01333 - N° Portalis DBZ3-W-B7J-76FOJ
Nous, Madame PIROTTE Carole, Vice-Présidente au Tribunal judiciaire de BOULOGNE SUR MER, juge chargé du contrôle des mesures restrictives et privatives de libertés en droit des étrangers, assistée de Madame Angèle LOGET, Greffier, statuant en application des articles L.742-1, L.743-4, L.743-6 à L.743-8, L. 743-20 et L. 743-24 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile;
Vu l’article R. 213-12-2 du code de l’organisation judiciaire ;
En présence de Maître Caterina BARBERI représentant de M. PREFET DU PAS-DE-[Localité 2] ;
Vu le Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile notamment en ses articles L. 741-1 et suivants ;
Monsieur [L] [N] de nationalité Soudanaise né le 05 Mars 1976 à [Localité 4] ([Localité 6]), a fait l’objet :
d’une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, fixant le pays de destination de la reconduite, lui faisant interdiction de retour sur le territoire français et ordonnant son placement en rétention administrative pour une durée de quatre jours, prononcée le 28 janvier 2025 par M. PREFET DU PAS-DE-[Localité 2] , qui lui a été notifié le 28 janvier 2025 à 11 heures 18 .
Par requête du 27 Mars 2025, arrivée par courrier électronique à 11 heures 26 M. PREFET DU PAS-DE-[Localité 2] invoquant devoir maintenir l’intéressé au-delà de QUATRE JOURS, prolongé par un délai de VINGT-SIX JOURS selon l’ordonnance du 31 janvier 2025, prolongé par un délai de TRENTE JOURS selon l’ordonnance du 26 février 2025, demande l’autorisation de prolonger ce délai pour une durée de QUINZE JOURS maximum.
En application des articles L.743-9 et L. 743-24 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile il a été rappelé à l’intéressé, assisté de Me Orsane BROISIN, avocat au Barreau de BOULOGNE-SUR-MER, les droits qui lui sont reconnus pendant la rétention et a été informé des possibilités et des délais de recours contre toutes les décisions le concernant ; qu’il a été entendu en ses observations
L’intéressé déclare : Je souhaite être assisté de [V]. Je suis vraiment désolé par rapport à toute la situation et pendant 13 ans je me suis bien comporté. J’aime la France et je n’avais jamais commis un délit. Le [Localité 6] est un pays en guerre et au vu de mon orientation aussi...
L’avocat de la Préfecture entendu en ses observations ; sollicite la prolongation de la rétention administrative de l’intéressé : Monsieur est sur le territoire national depuis 2012 et alors même qu’il nous dit ne pas avoir eu de problèmes avec la justice jusqu’à récemment il n’a pas fiat de démarches pendant 10 ans pour régulariser sa situation ce qui n’est pas anodin. Le rapatriement se révèle impossible car deux fois et même après avoir eu un LPC, les vols vers le [Localité 6] sont interrompus. La condamnation pénale est la principale raison pour la demande de prolongation. C’est une atteinte aux intérêts fondamentaux de la société français et il y a un risque de récidive en cas de libération. La procédure est régulière, l’administration a fait des diligences donc je vos demande d’accorder la prolongation.
Me Orsane BROISIN entendu en ses observations : Même à supposer qu’il y ait une menace à l’ordre public Il faut des perspectives d’éloignement, il faut que la rétention soit nécessaire. Il n’y a pas de vol pour le [Localité 6] donc il ne peut pas être éloigné. Même à supposer qu’il y aurait une menace à l’ordre public les conditions ne sont pas remplies car il n’y a aucune perspectives d’éloignement. Il n’est pas possible de renvoyer Monsieur donc la prolongation de la rétention n’est pas possible. Imaginons que sans perspective d’éloignement on puisse tout de même maintenir Monsieur en rétention. S’agissant de la menace à l’ordre public, Monsieur a été condamné et la condamnation est récente mais c’est une appréciation in concreto vis à vis de la menace à l’ordre public. Monsieur est en France depuis 13 ans et n’a jamais commis d’infraction. Il est légitime à prétendre à demander l’asile car du fait de son orientation sexuelle il craint pour sa personne au [Localité 6]. Quand il est arrivé en France, le [Localité 6] n’était pas en guerre et il ne pouvait pas demandé l’asile. On lui avait dit dans la communauté de ne pas demander l’asile. On lui avait dit que c’était mieux de se pacser et comme il n’a pas de partenaire stable il ne l’avait pas fait. Sur le contexte de la commission de l’infraction, il n’est pas membre d’un réseau où il falsifie des documents, il a essayé d’avoir un faux passeport et il a suivi le conseil d’ami pour l’avoir. Il n’y a pas eu de mandat de dépôt quand il a été condamné. L’interdiction a été adoptée mais ça