JLD, 3 décembre 2024 — 24/01072

Maintien de la mesure de soins psychiatriques Cour de cassation — JLD

Texte intégral

Tribunal judiciaire de Caen

Ordonnance du 03 Décembre 2024

N° RG 24/01072 - N° Portalis DBW5-W-B7I-JCNS N° Minute:

Isabelle ECALARD, vice-président(e) chargé(e) des fonctions de juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire de CAEN,

Assisté(e) de Edwige LAMARE, greffier

Siégeant dans la salle d’audience annexe du tribunal judiciaire de Caen, située dans l’enceinte de l’établissement public de santé mentale de Caen, en audience publique

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Vu l’admission en soins psychiatriques de :

[V] [S] [Z]

Né(e) le 1/01/1997 à [Localité 8] (TCHAD)

Résidence habituelle : [Adresse 5] [Localité 3]

Date de l’admission : 22/11/2024

Lieu de l’admission : EPSM [Localité 6] [Adresse 4] [Localité 2] [Localité 1]

sous la forme d’une hospitalisation complète, sur décision du directeur de l'EPSM au motif de l'existence d'un péril imminent.

Vu l’acte de saisine adressé par ledirecteur de l'Etablissement public de Santé Mentale de [Localité 6] , reçu au greffe du juge le 28/11/2024 ;

Vu les convocations et avis d’audience donnés par notre greffe : - à la personne faisant l’objet de soins psychiatriques et à son avocat, Me Emmanuel BIVILLE, avocat commis d’office, - au directeur de l'établissement d'accueil, - au procureur de la République de [Localité 6] ;

Vu les réquisitions écrites du procureur de la République de [Localité 6] ;

Après avoir entendu la personne faisant l’objet de soins psychiatriques en ses observations, assistée téléphoniquement d'un interprète Mme [N], ainsi que son avocat,

En présence du représentant du directeur de l’établissement public de santé mentale de [Localité 6],

En l’absence du ministère public

ce dont il a été dressé procès-verbal à l’audience.

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Motifs de la décision: Selon l'article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être hospitalisée sans son consentement sur la décision du directeur d’un établissement psychiatrique que si : 1° ses troubles rendent impossible son consentement ; 2° son état impose des soins immédiats assortis soit d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous une autre forme incluant des soins ambulatoires. Le directeur de l’établissement prononce la décision d’admission lorsqu’il s’avère impossible d’obtenir une demande de la part d’un tiers et qu’il existe, à la date d’admission, un péril imminent pour la santé de la personne, dûment constaté par un certificat médical établi par un médecin n’exerçant pas dans l’établissement accueillant le malade.

L'hospitalisation sans son consentement d'une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe résultant de l'article 66 de la Constitution, selon lequel la liberté individuelle ne saurait être entravée par une rigueur qui ne soit pas nécessaire. La protection de la liberté individuelle peut notamment trouver sa limite dans la protection de la sécurité de la personne objet des soins et des tiers auquel elle pourrait porter atteinte.

En l'espèce, Madame [Z] [K] a été hospitalisée suite à une décision du directeur de l’EPSM du 22 novembre 2024 selon la procédure de péril imminent sans tiers. Les certificats de la période d’observation font état de troubles mentaux justifiant du maintien d’une hospitalisation sous contrainte. Dans son avis motivé du 27 novembre 2024, le docteur [R], psychiatre de l’établissement d’accueil indique que la patiente se plaint essentiellement de douleurs. Sa sœur signale qu'à chaque fois elle se plaint de douleurs lors les phases de décompensation. La patiente est calme et ne se montre pas opposante. La mesure d'isolement a pu être suspendue. Les soins se poursuivront dans le service sous surveillance constante. La mesure de contrainte reste néanmoins nécessaire car la patiente ne semble pas comprendre l'enjeu des soins. En conséquence, l’hospitalisation complète de Madame [V] [S] [Z] doit se poursuivre, elle demeure nécessaire.

Il ressort suffisamment des pièces produites et des débats que la personne sus-visée a bien été admise en soins psychiatriques, après constatation de l’existence d’un péril imminent pour sa santé, en raison de troubles mentaux qui rendaient son consentement impossible et d'un état de santé qui imposait des soins immédiats assortis d'une surveillance médicale constante en milieu hospitalier sans que cela ne porte atteinte de façon disproportionnée à ses droits.

Il ressort également de l’ensemble de ces éléments que les conditions des soins psychiatriques sous la forme d’une hospitalisation complète dont fait l’objet [V] [S] [Z] demeurent réunies.

Aussi, l’hospitalisation complète de [V] [S] [Z] sera maintenue dans ses conditions actuelles.

Par ces motifs Statuant publiquement, en audience publique, par ordonnance réputée contradictoire et en premier ressort,

Vu les articles L. 3211-12-1 et L. 3212-1 et suivants du code de la santé publique, Dit que les so