Chambre civile 1-7, 2 avril 2025 — 23/03371

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Texte intégral

COUR D'APPEL

DE VERSAILLES

Chambre civile 1-7

Code nac : 96E

N° RG 23/03371 - N° Portalis DBV3-V-B7H-V34H

(Décret n° 2000-1204 du 12 décembre 2000 relatif à l'indemnisation à raison d'une détention provisoire

Copies délivrées le :

à :

[L] [K]

Me Augustin NANCY

AGENT JUDICIAIRE DE L'ETAT

Me Ali SAIDJI

Me Caroline VALENTIN

MIN. PUBLIC

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS

LE DEUX AVRIL DEUX MILLE VINGT CINQ

a été rendue, par mise à disposition au greffe, l'ordonnance dont la teneur suit après débats et audition des parties à l'audience publique du 26 février 2025 où nous étions assistés par Rosanna VALETTE, Greffier, le prononcé de la décision a été renvoyée à ce jour ;

ENTRE :

Monsieur [L] [K]

né le [Date naissance 1] 2001 à [Localité 6]

[Adresse 2]

[Localité 4]

Comparant sur présentation d'une pièce d'identité, assisté de

Me Augustin NANCY, avocat au barreau de PARIS, présent

DEMANDEUR

ET :

AGENT JUDICIAIRE DE L'ETAT

[Adresse 5]

[Adresse 5]

[Localité 3]

représenté par Me Ali SAIDJI de la SCP SAIDJI & MOREAU, , avocat au barreau de PARIS, vestiaire : J076, non présent, substitué par Me Caroline VALENTIN, avocat au barreau de PARIS, présente

DEFENDEUR

Le ministère public pris en la personne de M. Guillaume LESCAUX, avocat général

Nous, Jean-François BEYNEL, premier président de la cour d'appel de Versailles, assisté de Charlotte PETIT, Greffière,

Vu l'ordonnance du juge d'instruction du tribunal judiciaire de Nanterre en date du 29 novembre 2022 prononçant un non-lieu à l'égard de monsieur [L] [K], devenue définitive par un certificat de non-appel du 13 septembre 2023.

Vu la requête de monsieur [L] [K], né le [Date naissance 1] 2001, reçue au greffe de la cour d'appel de Versailles le 25 mai 2023 ;

Vu les pièces jointes à cette requête, le dossier de la procédure ;

Vu les conclusions de l'agent judiciaire de l'Etat, reçues au greffe de la cour d'appel de Versailles le 27 août 2024 ;

Vu les conclusions du ministère public, reçues au greffe de la cour d'appel de Versailles le 14 novembre 2024 ;

Vu les lettres recommandées en date du 24 janvier 2025 notifiant aux parties la date de l'audience du 26 février 2025 ;

Vu les articles 149 et suivants et R26 du code de procédure pénale ;

EXPOSÉ DE LA CAUSE

Monsieur [L] [K] sollicite la réparation de sa détention provisoire du 9 septembre 2021 au 29 avril 2022 à la maison d'arrêt de [Localité 6].

Requérant

Agent judiciaire de l'Etat

Ministère public

Préjudice moral

20 000 euros

11 500 euros

11 500 euros

Préjudice matériel

500 euros

Rejet

Rejet

Dont frais de défense

500 euros

Rejet

Rejet

Art. 700 CPC

500 euros

500 euros

500 euros

MOTIFS DE LA DÉCISION

Sur la recevabilité de la requête

Articles 149, 149-1, 149-2 et R26 du code de procédure pénale

Décision de non-lieu, relaxe ou d'acquittement devenue définitive

Ordonnance de non-lieu du juge d'instruction du tribunal judiciaire de Nanterre du 29 novembre 2022

Forme de la requête : mentions de l'article R26

Oui

Délai pour agir

Oui

En l'espèce, il ressort de la fiche pénale que du 9 septembre 2021 (date du mandat de dépôt fondant la présente requête) au 8 octobre 2021 (date de fin de la procédure n° 20 125 000 018), monsieur [L] [K] était écroué au titre de deux détentions.

La période à indemniser s'étend donc du 9 octobre 2021 au 29 avril 2022.

Sur le préjudice moral

L'indemnisation doit tenir compte :

De la durée de la détention

De l'âge du requérant

Du choc carcéral

De la situation familiale

De la gravité et qualification des faits retenus

Des conditions de détention indignes

En l'espèce, les facteurs d'aggravation du préjudice moral suivants seront retenus :

Oui / Non

L'âge du requérant

20 ans

Oui

La durée de la détention

203 jours

Oui

Le choc carcéral : première incarcération

Le requérant était incarcéré un mois avant le début de la période de détention provisoire indemnisable (cf fiche pénale).

Non

La gravité de la qualification/peine encourue

Le requérant ne démontre pas avoir souffert d'une angoisse liée à la peine encourue.

Non

En l'espèce, les facteurs de minorations du préjudice moral suivants seront retenus :

Oui / Non

Une ou plusieurs précédentes incarcérations

Le requérant avait déjà été incarcéré et détenu à domicile sous surveillance électronique (cf fiche pénale).

Oui

La somme de 17 000 euros paraît proportionnée eu égard à la période de détention injustifiée et à la prise en compte d'un facteur de majoration et d'un facteur de minoration du préjudice moral subi. Il convient donc d'allouer à monsieur [L] [K] la somme de 17 000 euros en réparation de son préjudice moral.

Sur le préju