JEX DROIT COMMUN, 8 avril 2025 — 24/06678
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BORDEAUX
LE JUGE DE L'EXECUTION
JUGEMENT DU 08 Avril 2025
DOSSIER N° RG 24/06678 - N° Portalis DBX6-W-B7I-ZOWE Minute n° 25/ 155
DEMANDEUR
Madame [X] [J] épouse [S] née le [Date naissance 3] 1935 à [Localité 8] demeurant [Adresse 2] [Localité 4]
représentée par Maître Fatima GAJJA-BENFEDDOUL de la SELARL AQUITALEX, avocat au barreau de BERGERAC
DEFENDEUR
Madame [W] [B] épouse [M] née le [Date naissance 1] 1938 à [Localité 7] demeurant [Adresse 5] [Localité 4]
représentée par Maître Alexis GAUCHER-PIOLA, avocat au barreau de LIBOURNE
COMPOSITION DU TRIBUNAL :
JUGE DE L’EXECUTION : Marie BOUGNOUX, Vice-présidente GREFFIER : Géraldine BORDERIE, Greffier
A l’audience publique tenue le 11 Mars 2025 en conformité au Code des Procédures Civiles d’Exécution et des articles L 311-12 et L 311-12-1 du Code de l’organisation judiciaire, les parties présentes ou régulièrement représentées ont été entendues et l’affaire a été mise en délibéré au 08 Avril 2025, et le jugement prononcé par mise à disposition au greffe, les parties ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l’article 450 du Code de Procédure Civile.
Le 08 avril 2025 Formules exécutoires aux avocats + dossiers Copies Certifiées Conformes par LRAR + LS aux parties
EXPOSE DU LITIGE
Se prévalant d’un jugement du tribunal de proximité d’Arcachon en date du 19 septembre 2023, Madame [W] [M] a fait diligenter une saisie-attribution sur les comptes bancaires de Madame [X] [J] épouse [S] détenus auprès de la Caisse d’Epargne par acte en date du 1er juillet 2024, dénoncée par acte du 9 juillet 2024.
Par acte de commissaire de justice en date du 2 août 2024, Madame [S] a fait assigner Madame [M] devant le juge de l’exécution du tribunal judiciaire de Bordeaux afin de contester cette saisie.
A l’audience du 11 mars 2025 et dans ses dernières conclusions, Madame [S] sollicite, au visa des articles L111-7 et 121-2, R121-1 du Code des procédures civiles d’exécution, la nullité de la saisie-attribution et sa mainlevée. Elle demande la condamnation de la défenderesse aux dépens incluant l’assignation et les frais de saisie, et à lui payer : - 2.294,89 euros au titre des sommes bloquées sur son compte - 281,20 euros au titre des sommes à prévoir - 8000 euros de dommages et intérêts pour préjudice moral et matériel - 3000 euros sur le fondement de l’article 700 du Code de procédure civile. Elle conclut au rejet des demandes adverses et sollicite subsidiairement des délais de paiement sur une durée de 24 mois.
Madame [S] fait valoir qu’elle est âgée et que les actes de la procédure lui ont été signifiés à un logement à [Localité 6] qu’elle n’occupe pas de façon permanente, de telle sorte qu’elle n’est pas avisée de l’évolution du litige l’opposant à ses voisins. Elle soutient que le jugement du 19 février 2023 comporte une erreur de date quant à la délivrance de la grosse qui lui cause grief en raison de la confusion possible des procédures et induit donc la nullité du jugement. Elle soutient que la saisie-attribution a été abusivement pratiquée alors qu’elle a exécuté les travaux ordonnés sous astreinte et que les défendeurs ont délibérément laissés cette dernière courir pour accroitre leur créance. Elle indique avoir subi un préjudice du fait du blocage de son compte bancaire. Enfin, à titre subsidiaire, elle demande des délais de paiement au regard de sa situation financière, les sommes figurant sur son compte étant destinées à payer ses frais futurs de soins.
A l’audience du 11 mars 2025 et dans ses dernières écritures, Madame [M] conclut au rejet de toutes les demandes et à la condamnation de la demanderesse à lui verser la somme de 1.500 euros de dommages et intérêts. Elle demande également sa condamnation aux dépens et au paiement d’une somme de 2.500 euros sur le fondement de l’article 700 du Code de procédure civile.
La défenderesse conteste toute nullité du jugement en l’absence de tout fondement juridique et de tout grief établi. Elle souligne qu’elle bénéficie d’un titre exécutoire valablement signifié, Madame [S] utilisant la même adresse dans le cadre de la présente procédure. Elle conteste toute saisie abusive et tout préjudice, sollicitant la condamnation de la demanderesse au paiement de dommages et intérêts pour procédure abusive. Elle s’oppose à tout délai de grâce compte tenu du solde bancaire conséquent figurant sur le procès-verbal de saisie-attribution. L’affaire a été mise en délibéré au 8 avril 2025.
MOTIFS DE LA DECISION
Sur les demandes principales
- Sur la recevabilité
Les articles L211-4 et R211-11 du Code des procédures civiles d’exécution relatifs à la saisie-attribution disposent : « Toute contestation relative à la saisie est formée dans un délai fixé par décret en Conseil d'Etat. En l'absence de contestation, le créancier requiert le paiement de la créance qui lui a été attribuée par l'acte de saisie. Toutefois, le débiteur saisi qui n'aurait pas él