Chambre 6 (Etrangers), 10 avril 2025 — 25/01459
Texte intégral
COUR D'APPEL DE COLMAR
SERVICE DES RETENTIONS ADMINISTRATIVES
N° RG 25/01459 - N° Portalis DBVW-V-B7J-IQKL
N° de minute : 151/25
ORDONNANCE
Nous, Emmanuel ROBIN, président de chambre à la Cour d'Appel de Colmar, agissant par délégation de la première présidente, assisté de Manon GAMB, greffier ;
Dans l'affaire concernant :
M. [R] [X]
né le 22 Février 1986 à [Localité 3] SERBIE
de nationalité hongroise
Actuellement retenu au centre de rétention de [Localité 1]
VU les articles L.141-2 et L.141-3, L.251-1 à L.261-1, L.611-1 à L.614-19, L.711-2, L.721-3 à L.722-8, L.732-8 à L.733-16, L.741-1 à L.744-17, L.751-9 à L.754-1, L761-8, R.741-1,R743-12 et suivantts R.744-16, R.761-5 du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile (CESEDA) ;
VU l'arrêté pris le 02 avril 2025 par le préfet de la Meurthe et Moselle faisant obligation à M. [R] [X] de quitter le territoire français ;
VU la décision de placement en rétention administrative prise le 04 avril 2025 par le préfet de la Meurthe et Moselle à l'encontre de M. [R] [X], notifiée à l'intéressé le même jour à 19h27 ;
VU le recours de M. [R] [X] daté du 07 avril 2025, reçu et enregistré le même jour à 16h22 au greffe du tribunal, par lequel il demande au tribunal d'annuler la décision de placement en rétention administrative pris à son encontre ;
VU la requête de M. le Préfet de la Meurthe et Moselle datée du 07 avril 2025, reçue le même jour à 16h08 au greffe du tribunal, tendant à la prolongation de la rétention administrative pour une durée de 26 jours de M. [R] [X] ;
VU l'ordonnance rendue le 09 Avril 2025 à 10h32 par le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Strasbourg, statuant en qualité de magistrat du siège, déclarant le recours de M. [R] [X] recevable, faisant droit au recours en contestation de M. [R] [X], déclarant la requête de M. LE PREFET DE LA MEURTHE ET MOSELLE recevable, le déboutant de sa demande en prolongation de la mesure de rétention, ordonnant la remise en liberté de M. [R] [X], rappelant à l'intéressé qu'il a l'obligation de quitter le territoire français, et rappelant que l'intéressé sera maintenu à disposition de la justice dans un délai de 24h à compter de la notification de la présente ordonnance au procureur de la République ;
VU la mention sur l'ordonnance susvisée selon laquelle le procureur de la République déclare ne pas s'opposer à la mise à exécution de la présente ordonnance le 09 avril 2025 à 14h19, reçue au greffe de la cour le même jour à 14h25 ;
VU l'appel de cette ordonnance interjeté par M. LE PREFET DE LA MEURTHE-ET-MOSELLE par voie électronique reçue au greffe de la Cour le 10 Avril 2025 à 01h27 ;
VU les avis d'audience délivrés le 10 avril 2025 à l'intéressé par l'intermédiaire du centre de rétention, sans qu'il puisse lui remettre la convocation, à Me Michel ROHRBACHER, avocat de permanence, à la SELARL CENTAURE AVOCATS, à M. LE PREFET DE MEURTHE ET MOSELLE et à M. Le Procureur Général ;
VU la COPJ envoyé à la brigade de gendarmerie de [Localité 2] le 10 avril 2025 à 10h00;
VU le procès-verbal dressé par la brigade de gendarmerie selon lequel l'officier de police judiciaire a pu remettre la convocation à l'intéressé ;
Après avoir entendu Maître Michel ROHRBACHER, avocat au barreau de COLMAR, commis d'office, en ses observations pour le retenu.
FAITS ET PROCÉDURE
Par arrêté du 2 avril 2025, le préfet de la Meurthe-et-Moselle a fait obligation à M. [R] [X] de quitter le territoire français ; par décision du 4 avril 2025, il a placé celui-ci en rétention administrative et, le 7 avril 2025, il a sollicité la prolongation de cette mesure pour une durée de 26 jours ; le même jour, M. [R] [X] a sollicité l'annulation de la décision de placement en rétention administrative.
Par ordonnance du 9 avril 2025, le juge des libertés et de la détention, après avoir ordonné la jonction des deux procédures, a fait droit au recours de M. [R] [X], rejeté la prolongation de sa rétention et ordonné la remise en liberté de M. [R] [X].
Le 10 avril 2025, le préfet de la Meurthe-et-Moselle a interjeté appel de cette ordonnance. Il expose que M. [R] [X] a été placé en rétention administrative à sa levée d'écrou après avoir été condamné à 12 mois d'emprisonnement par le tribunal correctionnel de Nancy et ajoute que l'intéressé est très défavorablement connu des services de police pour des délits routiers commis depuis 2022 et des violences conjugales. Ainsi une menace à l'ordre public serait caractérisée et actuelle et il y aurait urgence à éloigner M. [R] [X] du territoire français.
M. [R] [X], représenté par un avocat, sollicite la confirmation de l'ordonnance déférée. Il approuve les motifs de cette décision et invoque par ailleurs un état de vulnérabilité résultant d'une pathologie de type hernie discale ; il invoque l'existence de garanties de représentation et souligne qu'il respecte l'obligation qui lui est faite de s