ETRANGERS, 11 avril 2025 — 25/00672
Texte intégral
COUR D'APPEL DE DOUAI
Chambre des Libertés Individuelles
N° RG 25/00672 - N° Portalis DBVT-V-B7J-WEYY
N° de Minute : 677
Ordonnance du vendredi 11 avril 2025
République Française
Au nom du Peuple Français
APPELANT
M. [W] [E]
né le 01 Décembre 1992 à [Localité 3] (ALGERIE)
de nationalité algérienne
Actuellement retenu au centre de rétention de [Localité 4]
dûment avisé, comparant en personne par visioconférence
assisté de Me Loic LANCIAUX, avocat au barreau de DOUAI, avocat (e) commis (e) d'office et de M. [S] [X] interprète assermenté en langue arabe, tout au long de la procédure devant la cour, serment préalablement prêté ce jour
INTIMÉ
M. LE PREFET DU NORD
dûment avisé, absent non représenté
PARTIE JOINTE
M. le procureur général près la cour d'appel de Douai : non comparant
MAGISTRAT(E) DELEGUE(E) : Yasmina BELKAID, Conseillère à la cour d'appel de Douai désigné(e) par ordonnance pour remplacer le premier président empêché
assisté(e) de Aurélien CAMUS, greffier
DÉBATS : à l'audience publique du vendredi 11 avril 2025 à 13 h 15
Les parties comparantes ayant été avisées à l'issue des débats que l'ordonnance sera rendue par mise à disposition au greffe
ORDONNANCE : rendue à [Localité 5] par mise à disposition au greffe le vendredi 11 avril 2025 à
Le premier président ou son délégué,
Vu les articles L.740-1 à L.744-17 et R.740-1 à R.744-47 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) et spécialement les articles R 743-18 et R 743-19 ;
Vu l'aricle L 743-8 et L 922-3 al 1 à 4 du CESEDA ;
Vu l'ordonnance du juge du tribunal judiciaire de BOULOGNE SUR MER en date du 10 avril 2025 à 11H38 notifiée à 11H45 à M. [W] [E] prolongeant sa rétention administrative ;
Vu l'appel interjeté par M. [W] [E] par déclaration reçue au greffe de la cour d'appel de ce siège le 10 avril 2025 à 14H34 sollicitant la main-levée du placement en rétention administrative, et l'additif à l'acte d'appel reçu au greffe de la cour d'appel de ce siège le 11 avril 2025 à 11h36 ;
Vu le procès-verbal des opérations techniques de ce jour ;
Vu l'audition des parties, les moyens de la déclaration d'appel et les débats de l'audience ;
EXPOSÉ DU LITIGE
M. [W] [E] a fait l'objet d'un placement en rétention administrative pour une durée de quatre jours ordonné par M. Le Préfet du Nord, le 5 avril 2025 et notifié le même jour à 18h30, pour l'exécution d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français.
' Vu l'article 455 du code de procédure civile ;
' Vu l'ordonnance du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer en date du 10 avril 2025 à 11h38 rejetant le recours en annulation de M. [W] [E] et autorisant l'autorité administrative à retenir M. [W] [E] dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire pour une prolongation de rétention administrative d'une durée maximale de 26 jours
' Vu la déclaration d'appel de Monsieur M. [W] [E] en date du 10 avril 2025 à 14h34 qui demande la réformation de l'ordonnance dont appel et de dire n'y avoir lieu à maintien en rétention
Vu la déclaration d'appel complémentaire du 11 avril 2025 à 11 h36 de M. [W] [E]
Au soutien de sa déclaration d'appel, M. [W] [E] soulève les moyens suivants :
l'administration a commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant une assignation à résidence alors qu'il a déclaré une adresse stable et permanente depuis 9 mois chez un ami, qu'il a depuis 9 mois une concubine qui attend un enfant de lui est fiancé avec une française depuis un an et qu'il n'a jamais été condamné de sorte qu'il ne représente pas une menace à l'ordre public
les conditions d'une assignation à résidence sont remplies dès lors qu'il a remis la copie de son passeport valide et qu'il est hébergé de manière stable à [Localité 7]
l'administration n'a pas effectué les diligences nécessaires dès mon placement en rétention.
L'absence de perspective d'éloignement vers le pays d'origine.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Sur le moyen tiré de l'erreur d'appréciation manifeste sur les garanties de représentation
L'obligation de motivation des actes administratifs, sanctionnée au titre du contrôle de la légalité externe de l'acte, doit être existante, factuelle en rapport avec la situation de l'intéressé et non stéréotypée.
Cependant, cette motivation n'est pas tenue de reprendre l'ensemble des éléments de la personnalité ou de la situation de fait de l'intéressé dès lors qu'elle contient des motifs spécifiques à l'étrangers sur lesquels l'autorité préfectorale a appuyé sa décision.
Ainsi, dés lors que l'arrêté de placement en rétention administrative contient des motivations individualisées justifiant, au regard des articles L 741-1 et L 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Il ressort des dispositions des articles L 741-1 renvoyant à l'article L 612-3, L 751-9 et L 753-2 du