Rétention Administrative, 10 avril 2025 — 25/00691
Texte intégral
COUR D'APPEL D'AIX-EN-PROVENCE
CHAMBRE 1-11, Rétention Administrative
ORDONNANCE
DU 10 AVRIL 2025
N° RG 25/00691 - N° Portalis DBVB-V-B7J-BOVIW
Copie conforme
délivrée le 10 Avril 2025 par courriel à :
-l'avocat
-le préfet
-le CRA
-le JLD/TJ
-le retenu
-le MP
Décision déférée à la Cour :
Ordonnance rendue par le magistrat désigné pour le contrôle des mesures d'éloignement et de rétention de Marseille en date du 08 Avril 2025 à 13h30.
APPELANT
Monsieur [J] [E]
né le 01 Août 1996 à [Localité 9] (TUNISIE) (99)
de nationalité Tunisienne
comparant en visioconférence depuis le centre de rétention administrative de [Localité 7] en application des dispositions de la loi n°2024-42 du 26 janvier 2024.
Assisté de Maître Vianney FOULON,
avocat au barreau d'AIX-EN-PROVENCE, commis d'office.
INTIMÉE
PREFECTURE DES BOUCHES DU RHONE
Avisé, non représenté
MINISTÈRE PUBLIC
Avisé, non représenté
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DÉBATS
L'affaire a été débattue en audience publique le 10 Avril 2025 devant Mme Nathalie FEVRE, Présidente de chambre à la cour d'appel déléguée par le premier président par ordonnance, assistée de M. Corentin MILLOT, Greffier,
ORDONNANCE
Réputée contradictoire,
Prononcée par mise à disposition au greffe le 10 Avril 2025 à 16H51,
Signée par Mme Nathalie FEVRE, Présidente de chambre et M. Corentin MILLOT, Greffier,
PROCÉDURE ET MOYENS
Vu les articles L 740-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) ;
Vu l'arrêté portant obligation de quitter le territoire national pris le 07 mars 2025 par LA PREFECTURE DES BOUCHES DU RHONE , notifié le 20 mars 2025 à 15h31 ;
Vu la décision de placement en rétention prise le 04 avril 2025 par la PREFECTURE DES BOUCHES DU RHONE notifiée le 05 avril 2025 à 10h44 ;
Vu l'ordonnance du 08 Avril 2025 rendue par le magistrat désigné pour le contrôle des mesures d'éloignement et de rétention décidant le maintien de Monsieur [J] [E] dans des locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire ;
Vu l'appel interjeté le 09 Avril 2025 à 18h17 par Monsieur [J] [E] ;
Monsieur [J] [E] a comparu et a été entendu en ses explications ; il déclare
J'ai contesté l'OQTF, on m'a dit que ce n'était pas bon. Je suis passé le 1 er avril.
Je suis venu à l'age de 14 ans, j'ai fait l'école, j'ai toujours travaillé. En 2017 à la naissance de mon fils et la séparation avec sa mère j'ai sombré dans l'alcool. On m'a prescrit des médicaments, je ne suis pas allé voir la cellule psy avant et j'ai mélangé l'alcool avec les médicaments;
J'ai fait un travail avec les psys, je suis sevré. J'ai raté les années de 5 à 7 ans avec mon fils ça m'a marqué;
Je n'ai plus de famille en Algérie, je n'ai plus d'attache, je ne sais pas quoi vous dire, ma vie est ici depuis mes 14 ans. C'est la première fois que je suis au CRA.
Sur ma carte de séjour jusqu'à juillet 2022, elle a expiré 2 mois après mon entrée en détention. Pour refaire mon passeport je devais sortir et j'étais en détention à ce moment.
Me Vianney FOULON est entendu en sa plaidoirie :
J'estime que cette pièce utile ( recours devant le tribunal administratif) aurait du etre présente.
Cette situation d'incertitude est contraire au CESEDA, la rétention doit etre la plus courte possible, le registre aurait du mentionner cette décision.
Il y a un non respect des dispositions de l'article L743-3;
Il y a dans ce dossier tout ce qu'il faut pour une assignation à résidence, monsieur est intégré, La loi n'impose pas de passeport en cours de validité, j'ai le document d'identité est présent; Il a son frère qui lui a fourni les documents pour une assignation à résidence, je vous demande à titre subsidiaire une assignation à résidence;
Le retenu a eu la parole en dernier.
Mes documents sont chez mon ex, j'ai eu un problème conjugal, toutes mes affaires étaient chez elles, mes papiers également, je ne peux pas rentrer en contact avec elle pour me défendre normalement, sans mon passeport je ne peux pas faire ma demande de titre.
Je n'ai personne pour récupérer mes papiers, mon ex n'a pas voulu donner les papiers à mon frère.
Le SPIP m'a dit que ce n'était pas à lui de demander les papiers, je n'ai jamais eu de réponses.
Me FOULON précise que dans le dossier il y a une copie du passeport.
Monsieur précise que l'original est chez sa mère.
J'ai un enfant qui a besoin de moi, j'ai besoin de lui, j'aimerais le faire grandir sereinement.
La préfecture des Bouches du Rhône n'a pas comparu.
MOTIFS DE LA DÉCISION
La recevabilité de l'appel contre l'ordonnance du magistrat désigné pour le contrôle des mesures d'éloignement et de rétention n'est pas contestée et les éléments du dossier ne font pas apparaître d'irrégularité.
1-sur l'absence d'information du tribun