Service de proximité, 11 avril 2025 — 24/04021
Texte intégral
COUR D’APPEL D’AIX EN PROVENCE TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NICE
MINUTE (Décision Civile)
Service de proximité
[X], [W] c/ Société TUNISAIR
MINUTE N° DU 11 Avril 2025
N° RG 24/04021 - N° Portalis DBWR-W-B7I-QAOK
Expédition(s) délivrée(s) à Me Pierre-Louis ROUYER à TUNISAIR
Le
DEMANDEURS:
Madame [D] [X] née le 12 Mars 1972 à Kingston domiciliée : chez [E] [Y] [J] 38 Avenue Hoche 75008 PARIS représentée par Me Pierre-Louis ROUYER, avocat au barreau de PARIS substitué par Me Luisella RAMOINO, avocat au barreau de NICE
Monsieur [K] [W] né le 01 Janvier 1970 à Ajaccio domicilié : chez [E] [Y] [J] 38 Avenue Hoche 75008 PARIS représenté par Me Pierre-Louis ROUYER, avocat au barreau de PARIS substitué par Me Luisella RAMOINO, avocat au barreau de NICE
DEFENDERESSE:
Société TUNISAIR 16 rue Louis Blériot Bât 548 ORLYTECH 91550 PARAY VIEILLE POSTE non comparante, ni représentée
COMPOSITION DE LA JURIDICTION:
Lors des débats et qui a délibéré :
Président : Mme Marie DEVILLENEUVE, magistrat exerçant à titre temporaire, assistée lors des débats par Mme Delphine CHABERT, Greffier et lors du prononcé par Mme Delphine CHABERT qui a signé la minute avec le président
DEBATS : A l’audience publique du 07 Février 2025, l’affaire a été mise en délibéré au 11 Avril 2025, les parties ayant été avisées que le prononcé de la décision aurait lieu par mise à disposition au greffe
PRONONCE : par mise à disposition au greffe le 11 Avril 2025
EXPOSE DU LITIGE
Par requête en date du 29 juillet 2024, Madame [D] [X] et Monsieur [K] [W] ont fait convoquer la compagnie aérienne TUNISAIR devant le tribunal judiciaire de Nice sur le fondement du Règlement européen n° 261/2004 afin d’obtenir la condamnation de cette dernière au paiement des sommes suivantes :
• 250 euros à chacun et individuellement au titre de l’indemnisation forfaitaire prévue par l’article 7 du Règlement • 150 euros à chacun et individuellement pour le préjudice résultant du défaut d’information prévu à l’article 14 du Règlement • 300 euros à chacun et individuellement sur le fondement des dispositions de l’article 700 du code de procédure civile • La condamnation de la société TUNISAIR aux entiers dépens dont distraction au profit de Maître Pierre-Louis [E]. Ils sollicitent également que soit constatée l’existence d’un motif légitime conduisant à l’exonération de l’obligation de mise en œuvre d’une tentative préalable de conciliation.
Les parties ont été régulièrement convoquées pour l’audience du 7 février 2025.
A cette audience, Madame [D] [X] et Monsieur [K] [W] représentés par Maître Pierre-Louis ROUYER maintiennent les demandes formulées dans leur acte introductif d’instance.
Au soutien de leurs demandes, ils font valoir qu’ils ont acheté des billets d’avion auprès de la compagnie aérienne TUNISAIR pour un voyage le 12 juin 2022 au départ de Nice et à destination de Djerba. Ils indiquent que le vol n° TU 683 reliant Nice à Djerba le 12 juin 2022 a été retardé, qu’ils ont atteint leur destination finale avec un retard de plus de trois heures par rapport à l’horaire initialement prévu et qu’ils ont sollicité auprès de la compagnie aérienne TUNISAIR le paiement de l’indemnité forfaitaire et de l’indemnité résultant du défaut d’information dues conformément aux dispositions des articles 7 et 14 du Règlement européen du 11 février 2004 mais que cette dernière n’a pas fait droit à leurs demandes. Ils font valoir qu’outre le versement d’une indemnisation forfaitaire liée au préjudice subi par les passagers à la suite du retard d’un vol prévu par l’article 7 du Règlement CE, la compagnie aérienne est également tenue à une obligation d’informer les passagers de leurs droits. Que le manquement à cette obligation crée nécessairement un préjudice aux passagers qui ignorent tout des règles d’indemnisation et d’assistance auxquelles ils ont droit et qu’il appartient à la compagnie aérienne de prouver qu’elle s’est bien libérée de cette obligation d’information. Qu’à défaut elle doit être sanctionnée sur le fondement de l’article 14 du Règlement européen.
La Présidente a soulevé d’office la question de la tentative préalable de conciliation sanctionnée par l’irrecevabilité de la demande en application de l’article 750-1 du code de procédure civile.
Les demandeurs, représentés par leur conseil, maintiennent leurs demandes et moyens tels que formulés dans leur requête et n’ont fait aucune observation sur la fin de non-recevoir soulevée d’office. Aux termes de leur requête introductive d’instance, ils sollicitent en effet d’être dispensés de l’obligation de recourir à une tentative de conciliation en raison d’un motif légitime tenant aux circonstances de l’espèce ou à l’indisponibilité des conciliateurs de justice. Ils font valoir que la mise en œuvre d’une telle procédure est disproportionnée et très éloignée de la réalité judiciaire. Que les demandeurs ont par l’intermédiaire de leur conseil tenté par tout moyen d’