CHAMBRE SOCIALE B, 18 avril 2025 — 22/00401
Texte intégral
AFFAIRE PRUD'HOMALE : COLLÉGIALE
N° RG 22/00401 - N° Portalis DBVX-V-B7G-OB2S
S.A.S.U. INSTITUT DE SOUDURE INDUSTRIE
C/
[B]
APPEL D'UNE DÉCISION DU :
Conseil de Prud'hommes - Formation paritaire de LYON
du 09 Décembre 2021
RG : F 19/02029
COUR D'APPEL DE LYON
CHAMBRE SOCIALE B
ARRÊT DU 18 AVRIL 2025
APPELANTE :
Société INSTITUT DE SOUDURE INDUSTRIE
[Adresse 3]
[Localité 4]
représentée parMe Béatrice ROCHER, avocat au barreau de LYON et ayant pour avocat plaidant Me Stéphane BEURTHERET de la SCP LCB, avocat au barreau de PARIS,
INTIMÉ :
[G] [B]
né le 01 Mars 1966 à [Localité 8] (ALGERIE)
[Adresse 1]
[Localité 2]/FRANCE
représenté par Me Eladia DELGADO de la SELARL DELGADO & MEYER, avocat au barreau de LYON substituée par Me Maïssa LABIDI, avocat au barreau de LYON
DÉBATS EN AUDIENCE PUBLIQUE DU : 20 Février 2025
COMPOSITION DE LA COUR LORS DES DÉBATS ET DU DÉLIBÉRÉ :
Béatrice REGNIER, Présidente
Catherine CHANEZ, Conseillère
Régis DEVAUX, Conseiller
Assistés pendant les débats de Mihaela BOGHIU, Greffière, en présence de [N] [D], greffière stagiaire.
ARRÊT : CONTRADICTOIRE
Prononcé publiquement le 18 Avril 2025, par mise à disposition de l'arrêt au greffe de la Cour, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues à l'article 450 alinéa 2 du code de procédure civile ;
Signé par Béatrice REGNIER, Présidente, et par Mihaela BOGHIU, Greffière auquel la minute de la décision a été remise par le magistrat signataire.
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EXPOSE DES FAITS ET DE LA PROCEDURE
M. [G] [B] a été engagé dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée le 20 février 1989 par la société Institut de soudure industrie, qui est une filiale du groupe Institut de la soudure et emploie plus de 700 salariés, en qualité de technicien principal.
Dans le dernier état de la relation contractuelle, il occupait les fonctions de directeur des trois régions Rhône-Alpes (comprenant l'agence de [Localité 6] de l'entreprise), Sud-Est et Sud-Ouest, la Guyane et la Martinique lui étant rattachées par ailleurs, et de directeur des Opérations Grand-Sud, statut cadre dirigeant.
Les relations contractuelles étaient régies par la convention collective des cadres et ingénieurs de la métallurgie.
Le 6 juillet 2018, afin de faire face à des difficultés économiques, les sociétés composant l'Unité Economique et Sociale (UES), soit l'Institut de soudure et recherche et l'Institut de soudure industrie, ont signé et mis en place un Accord majoritaire de Performance Collective (APC) pour une durée déterminée jusqu'au 31 décembre 2019.
Cet accord prévoyait :
- la suspension du versement des cotisations surcomplémentaires de retraite pour l'ensemble des salariés, soit 1% pour les salariés et 10% pour les cadres dirigeants ;
- la suppression de 4 jours de RTT en 2018 et 5 en 2019, selon les modalités suivantes : 'la suppression de ces jours de RTT conduisant mécaniquement à une augmentation de la durée annuelle de travail, il est convenu, afin d'éviter un surcroît financier important pour la Société, de diminuer le taux horaire des salariés concernés. Cette mesure sera toutefois neutre concernant la rémunération mensuelle brute. Les heures supplémentaires normalement décomptées et rémunérées en fin d'année seront décomptées à l'issue de chaque semaine civile et rémunérées avec le salaire du mois considéré sous forme d'indemnité de 'complément compensatoire''. Cette mesure permettra de compenser le surcoût lié à l'augmentation de la durée annuelle de travail tout en garantissant chaque mois aux salariés concernés un niveau de rémunération identique.'.
Après avoir été convoqué le 4 juin 2019 à un entretien préalable fixé au 19 juin suivant et mis à pied à titre conservatoire, M. [B] a été licencié pour faute grave le 20 juin 2019.
Contestant le bien-fondé de cette mesure, il a saisi le 30 juin 2019 le conseil de prud'hommes de Lyon qui, par jugement du 9 décembre 2021, a :
- dit que les faits reprochés à M. [B] dans le cadre de son licenciement ne sont pas prescrits ;
- dit que le licenciement est sans cause réelle et sérieuse ;
- condamné la société Institut de soudure industrie à payer au salarié les sommes de :
- 4 113,30 euros, outre 411,33 euros de congés payés, au titre de la mise à pied conservatoire infondée,
- 60 520,74 euros, outre 6 052,07 euros de congés payés, à titre d'indemnité compensatrice de préavis,
- 181 562,22 euros à titre d'indemnité conventionnelle de licenciement,
- 150 000 euros à titre de dommages et intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse,
- 1 800 euros sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile ;
- ordonné sous astreinte à la société Institut de soudure industrie de remettre à M. [B] un certificat de travail, un reçu pour solde de tout compte comprenant notamment l'indemnité compensatrice de préavis et une at