SCHILTIGHEIM Civil, 22 avril 2025 — 24/08511

Expulsion "ferme" ordonnée au fond (sans suspension des effets de la clause résolutoire) Cour de cassation — SCHILTIGHEIM Civil

Texte intégral

Tribunal Judiciaire de STRASBOURG TRIBUNAL DE PROXIMITE DE SCHILTIGHEIM 10 rue du Tribunal - CS 70097 67302 SCHILTIGHEIM CEDEX

SCHILTIGHEIM Civil N° RG 24/08511 - N° Portalis DB2E-W-B7I-NBHF

Minute n°

copie le 22 avril 2025

à la Préfecture

copie exécutoire le 22 avril

2025 à :

- Me Laura MOUREY

- M. [N] [P]

- M. [F] [P]

pièces retournées

le 22 avril 2025

Me Laura MOUREY

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS

JUGEMENT DU 22 AVRIL 2025

DEMANDERESSE :

S.C.I. SANTOS ayant son siège social 9 rue de la Robertsau 67800 BISCHHEIM représentée par Me Laura MOUREY, avocat au barreau de STRASBOURG

DEFENDEURS :

Monsieur [N] [P] demeurant 9 rue de la Robertsau 67800 BISCHHEIM non comparant et non représenté

Monsieur [F] [P] demeurant 6 rue Sainte Agnes 67100 STRASBOURG non comparant et non représenté

COMPOSITION DU TRIBUNAL :

Romain GRAPTON, Vice-président chargé des fonctions de juge des contentieux de la protection Ophélie PETITDEMANGE, Greffier

DÉBATS :

Audience publique du 04 Février 2025

JUGEMENT

Réputé contradictoire rendu en premier ressort, Mis à la disposition du public par le greffe, et signé par Romain GRAPTON, Juge des Contentieux de la Protection et par Ophélie PETITDEMANGE, Greffier

EXPOSÉ DU LITIGE

Exposé des faits et de la procédure

Par acte sous seing privé du 06 janvier 2018, la S.C.I. SANTOS a consenti un bail d’habitation à M. [N] [P] sur des locaux situés au 9 Rue de la Robertsau à BISCHHEIM (67800), moyennant le paiement d’un loyer mensuel de 480 euros et d’une provision pour charges de 20 euros.

Le paiement du loyer était garanti par le cautionnement de M. [F] [P].

L’assignation a été notifiée au représentant de l’État dans le département le 11 septembre 2024, et un diagnostic social et financier a été réalisé. Ses conclusions ont été reçues au greffe avant l’audience, à laquelle il en a été donné lecture.

Bien que régulièrement assignés par actes de commissaire de justice délivrés à étude, M. [N] [P] et M. [F] [P] n'ont pas comparu et ne se sont pas fait représenter.

Prétentions et moyens des parties

Par assignations du 10 septembre 2024, la S.C.I. SANTOS a ensuite saisi le juge des contentieux de la protection du tribunal de proximité de SCHILTIGHEIM pour faire prononcer la résiliation du bail, être autorisé à faire procéder à l’expulsion de M. [N] [P] et obtenir sa condamnation solidaire avec M. [F] [P] au paiement des sommes suivantes : - 2 000 euros au titre de l’arriéré locatif arrêté au 10 septembre 2024 concernant les loyers impayés de mai à août 2024, avec intérêts au taux légal à compter de l’assignation, - une indemnité mensuelle d’occupation d’un montant égal à celui du loyer et des charges, à compter de la résiliation du bail et jusqu’à libération des lieux, - 1 400 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile, outre les entiers dépens.

Au soutien de ses prétentions, la S.C.I. SANTOS fait valoir au visa de l’article 1224 que le manquement au paiement des loyers de M. [P] constitue une inexécution suffisamment grave pour que soit prononcée la résiliation judiciaire du contrat de bail.

MOTIVATION

Sur l’absence de comparution de la partie défenderesse

Aux termes de l’article 472 du code de procédure civile, si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l'estime régulière, recevable et bien fondée.

En l’espèce, M. [N] [P] a été assigné devant la chambre de proximité de SCHILTIGHEIM suivant exploit de commissaire de justice, déposé à étude, le 10 septembre 2024. Il en est de même pour M. [F] [P].

Il ressort des procès-verbaux que le commissaire de Justice s’est assuré du domicile du défendeur en vérifiant les éléments suivants : - nom sur la boîte aux lettres pour M. [N] [P] uniquement - nom sur la sonnette

Les diligences apparaissent suffisantes.

M. [N] [P], et M. [F] [P], en qualité de caution, n'ont pas comparu à l'audience. Ils n'y étaient pas représentés.

Au regard de ces éléments, il sera statué sur le fond de la demande suivant jugement réputé contradictoire.

Sur la demande de constat de la résiliation du bail 1. Sur la recevabilité de la demande

La S.C.I. SANTOS justifie avoir notifiée l’assignation au représentant de l’État dans le département plus de six semaines avant l’audience. Son action est donc recevable au regard des dispositions de l’article 24 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989.

2. Sur la résiliation du bail

L’article 1224 dispose que la résolution résulte, en cas d'inexécution suffisamment grave, d'une notification du créancier au débiteur ou d'une décision de justice.

Aux termes de l’article 1227 du code civil, la résolution peut, en toute hypothèse, être demandée en justice.

L’article 1228 du code civil précise que le juge peut, selon les circonstances, constater ou prononcer la résolution ou ordonner l'exécution du contrat, en accordant éventuellement un délai au débiteur,