Juge Libertés Détention, 6 mai 2025 — 25/00344

Maintien de la mesure de soins psychiatriques Cour de cassation — Juge Libertés Détention

Texte intégral

ORDONNANCE DU : 06 Mai 2025 DOSSIER N° : N° RG 25/00344 - N° Portalis DBX2-W-B7J-LACU

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NIMES magistrat du tribunal judiciaire de NIMES

ORDONNANCE En matière de soins sans consentement

Nous, Laure CAVAIGNAC, vice-présidente, magistrat du tribunal judiciaire de NIMES, , siégeant à l’Annexe du tribunal judiciaire du CHU de NIMES assisté de Monsieur PAINSET, Greffier, en présence de Madame [Y] [B], candidate à l’intégration directe ;

Vu la procédure concernant :

Madame [V] [U] épouse [W] née le 10 Juillet 1973 à [Localité 4] [Adresse 1] [Localité 2]

actuellement hospitalisée sans consentement au CHU de NIMES depuis le 29 avril 2025;

Vu la décision portant admission en soins psychiatriques prise le 29 avril 2025 en urgence par Monsieur le Directeur de l’Etablissement à la demande d’un tiers ;

Vu la saisine en date du 05 Mai 2025 de Monsieur le Directeur de l’Etablissement hospitalier tendant au contrôle de la mesure d’hospitalisation complète ;

Vu le dossier prévu à l’article R 3211-11 du Code de la Santé Publique

Vu l’audience publique en date du 06 Mai 2025 tenue à l’Annexe du tribunal judiciaire du CHU de NIMES à laquelle a comparu la patiente Madame [V] [U] épouse [W] , dûment avisée, assistée de Me Natasha DEMERSEMAN, avocat commis d’office

Vu les observations écrites de Monsieur le Procureur de la République, favorable à la poursuite de la mesure, absent à l’audience ;

MOTIFS

Selon l'article L.3212-1 du Code de la Santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être admise en soins psychiatriques sans son consentement sur la décision du directeur d'un établissement psychiatrique que si : 1° Ses troubles rendent impossible son consentement ; 2° son état impose des soins immédiats assortis soit d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d'une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous une autre forme.

Madame [V] [U] épouse [W] a été hospitalisée sans son consentement au vu du certificat médical établi par le Docteur [Z] J. en date du 29 avril 2025 faisant état de “ Patiente souffrant d’une pathologie psychiatrique chronique. surdosage en lithium nécessitant un arrêt de la molécule. épisode d’excitation psychomotrice par conséquent. Escalade thérapeutique nécessaire devant la symptomatologie d’intensité sévère présentée. En parallèle, évènements somatiques intercurrents. Ce jour en entreien, labilité émotionnelle, comportament inadapté avec propos oncohérents en demande de sortie, déambulation avec désinhibition comportementale+verbale. aucune conscience du caractère pathologique des troubles présents” état nécessitant une prise en charge médicale ;

Madame [V] [U] épouse [W] a été maintenue en hospitalisation complète au regard du certificat médical établi par le docteur [K] [X] en date du 02/5/25

Aux termes de l'avis motivé du [K] [X] en date du 05 mai 2025, ce médecin indique : “ Patiente hospitalisée pour un état d’excitation psychomoteur associé à des troubles du comportement. En parallèle, il existe une problématique somatique : elle a été opérée récemment d’un prolapsus rectal sévère. Vendredi, dans un contexte d’intoIérance à la frustration et d’excitation, elle a tiré sur le prolapsus induisant un état hémorragique ayant nécessité un transfert aux urgences pour qu’eIie puisse bénéficier d’une transfusion sanguine. D’un point de vue psychiatrique, il persiste un état d’excitatlon psychique et moteur avec un discours circonlocutoire centré sur des demandes inadaptées. Le contact est de mauvaise qualité. Elle n’a aucune conscience du caractére morbide des troubles qui l’affectent. Ces troubles nécessiteront une prise en charge hospitalière pendant encore quelques semaines compte tenu du fait que nous avons une manoeuvre de choix thérapeutique assez restreinte à cause des comorbidités somatiques (insuffisance rénale, diabète insipide...). En conséquence, si [G] sortait de maniere trop précoce d’hospitaIisation, cela lui porterait gravement préjudice. L’hospitalisation devra donc se poursuivre au-delà du onzième jour.”, et qu’en conséquence, la mesure de soins psychiatriques sans consentement avec hospitalisation à temps complet doit se poursuivre ;

Lors de l’audience, Madame [V] [U] épouse [W] s’est exprimée .

Il résulte des éléments médicaux versés au soutien de la requête et des débats, que les troubles mentaux décrits aux certificats médicaux rappelés ci-dessus sont persistants à ce jour et rendent impossible son consentement sur la durée.

L’état de la personne nécessite une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète. P A R C E S M O T I F S

Statuant publiquement et en premier ressort ;

Vu les articles L 3212-1 et suivants du code de la santé publique;

Disons que les conditions légales de l’hospitalisation sans consentement de Madame [V] [U] épouse [W] sont remplies depuis son admission et demeurent remplies à ce jour.

Disons n’y avoir l