Pôle 6 - Chambre 3, 7 mai 2025 — 22/06720
Texte intégral
Copies exécutoires REPUBLIQUE FRANCAISE
délivrées le : AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
COUR D'APPEL DE PARIS
Pôle 6 - Chambre 3
ARRET DU 07 MAI 2025
(n° , 2 pages)
Numéro d'inscription au répertoire général : N° RG 22/06720 - N° Portalis 35L7-V-B7G-CGCLF
Décision déférée à la Cour : Jugement du 03 Juin 2022 - Conseil de Prud'hommes - Formation paritaire d'EVRY-COURCOURONNES - RG n° 20/00649
APPELANTE
S.A.S. JARDILAND, prise en la personne de son représentant légal en exercice
N° SIRET : 306 844 622
[Adresse 4]
[Localité 2]
Représentée par Me Marie-catherine VIGNES, avocat au barreau de PARIS, toque : L0010, avocat postulant et par Me Laurence URBANI-SCHWARTZ, avocat au barreau de LYON, toque : 727, avocat plaidant
INTIMEE
Madame [T] [Y]
[Adresse 1]
[Localité 3]
Représentée par Me Guillaume LETAILLEUR, avocat au barreau de l'ESSONNE
COMPOSITION DE LA COUR :
En application des dispositions des articles 805 et 907 du code de procédure civile, l'affaire a été débattue le 17 mars 2025, en audience publique, les avocats ne s'étant pas opposés à la composition non collégiale de la formation, devant Monsieur Christophe BACONNIER, Président, chargé du rapport.
Ce magistrat a rendu compte des plaidoiries dans le délibéré de la Cour, entendu en son rapport, composée de :
Monsieur Christophe BACONNIER, président
Madame Fabienne ROUGE, présidente
Madame Véronique MARMORAT, présidente
Greffière, lors des débats : Madame Figen HOKE
ARRÊT :
- CONTRADICTOIRE
- mise à disposition de l'arrêt au greffe de la Cour, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article 450 du Code de procédure civile,
- signé par Monsieur Christophe BACONNIER, président et par Madame Laetitia PRADIGNAC, greffière, à laquelle la minute de la décision a été remise par le magistrat signataire.
***
RAPPEL DES FAITS ET PROCEDURE
La société Jardiland (SAS) a engagé Mme [T] [Y] par contrat de travail à durée indéterminée à compter du 27 décembre 2008 en qualité de vendeuse.
En dernier lieu, Mme [Y] occupait le poste de responsable du rayon animalerie.
Le 8 janvier 2020, Mme [Y] a été candidate aux élections professionnelles pour pouvoir le poste de délégué du personnel titulaire ; elle n'a pas été élue. Elle bénéficie du statut de salarié protégé jusqu'au 8 juillet 2020 de l'article L.2411-9 du code du travail
Les relations contractuelles entre les parties étaient soumises à la convention collective nationale jardineries et graineteries.
Mme [Y] est en arrêt de travail entre le 6 juin 2020 et le 18 septembre 2020.
Par lettre notifiée le 15 juin 2020, Mme [Y] a été convoquée à un entretien préalable fixé au 25 juin 2020, avec mise à pied conservatoire.
Le 10 juillet 2020, le CSE de la société Jardiland a été consulté sur la mesure de licenciement, en raison du statut de salarié protégé de Mme [Y].
Le 16 juillet 2020, la société Jardiland a adressé une demande d'autorisation à la Direccte sur ce projet de licenciement.
Le 15 septembre 2020, la Direccte a notifié son refus d'autorisation de procéder au licenciement pour motif disciplinaire de Mme [Y].
Par lettre notifiée le 18 septembre 2020, Mme [Y] a de nouveau été convoquée à un entretien préalable fixé au 30 septembre 2020, avec mise à pied conservatoire, alors que sa protection statutaire avait pris fin.
Mme [Y] a ensuite été licenciée pour faute grave par lettre notifiée le 5 octobre 2020.
La lettre de licenciement indique : « Nous vous avons à nouveau convoquée suite à de nouveaux faits de menaces exercés par votre époux à l'encontre de salariés du magasin.
Pour rappel, le 6 juin 2020, votre responsable de secteur, Madame [G] [K], a organisé une réunion relative aux procédures du rayon animalerie où vous travaillez. Quelques minutes après, vous sentant visée par la réunion, vous vous êtes mise à pleurer. Accompagné de Monsieur [D] [V], nous nous sommes mis à l'écart pour vous consoler et vous rassurer.
C'est alors, qu'en début d'après-midi, votre conjoint, Monsieur [L] [E] est venu dans le magasin pour menacer de mort Madame [K], en déclarant : « elle est où cette petite pute je vais la buter ! Je connais du monde ! »
Il convient de préciser que vous aviez déjà menacé votre responsable « je vais crever sa voiture ! » vous avez même, à plusieurs reprises confié à des collègues que vous vous étiez rendue devant son domicile pour savoir où elle habitait, et pour soutenir vos propos, vous aviez décrit parfaitement sa maison à des collègues.
Puis, le 15 juin 2020 après la remise en main propre de votre mise à pied à titre conservatoire, votre conjoint est de nouveau venu en magasin et a attendu Madame [K] sur le parking à la fermeture du magasin. Lorsqu'il l'a vue, il a foncé sur elle avec sa voiture et l'a de nouveau menacé en disant « tu vas avoir des problèmes toi, tu vas avoir des problèmes » avant de repartir en