Rétention Administrative, 10 mai 2025 — 25/00447
Texte intégral
REPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
COUR D'APPEL DE METZ
ORDONNANCE DU 10 MAI 2025
Nous, Véronique LAMBOLEY-CUNEY, Présidente de chambre, agissant sur délégation de Monsieur le premier président de la cour d'appel de Metz,
Dans l'affaire N° RG 25/00447 - N° Portalis DBVS-V-B7J-GL5G ETRANGER entre :
Le procureur de la République
Et
Mme [T] [M]
née le 09 Septembre 1971 à [Localité 2] AU SENEGAL
de nationalité Sénégalaise
Sans domicile connu en France
Actuellement en rétention administrative.
Vu l'ordonnance rendue le 10 mai 2025 à 10h56 par le juge du tribunal judiciaire ordonnant la remise en liberté immédiate de Mme [T] [M] à l'issue des formalités administratives au centre de rétention administrative de [Localité 1] et notifiée le même jour à 11h05 à M. Le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Metz ;
Vu l'appel de cette décision de M. Le procureur de la République près le tribunal judiciaire le 10 mai 2025 à 14h10, réceptionné au greffe de la chambre des libertés le même jour à 14h11 ;
Vu la demande d'effet suspensif de l'appel de l'ordonnance de refus de prolongation de la mesure de rétention administrative formulée dans l'acte d'appel ;
Vu la notification de la déclaration d'appel avec demande d'appel suspensif faite à Mme [T] [M] le 10 mai 2025 à 14h20 avec indication des modalités et du délai des observations en réponse à la demande de déclaration d'effet suspensif à éventuellement formuler auprès du magistrat devant statuer sur cette demande,
Vu les notifications du recours suspensif du 10 mai 2025 effectuées par le parquet:
- à Me HALIL, avocat au barreau de Metz, conseil de Mme [T] [M], par courriel à 14h11
- au préfet du Bas-Rhin, par courriel à 14h11
Constatant l'absence d'observations faite par l'étranger ou son conseil dans le délai prévu à l'article R 743-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
SUR CE,
Vu le dossier de la procédure,
Vu l'article L 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui dispose que l'appel n'est pas suspensif.
Toutefois, le ministère public peut demander au premier président de la cour d'appel ou à son délégué de déclarer son recours suspensif lorsqu'il lui apparaît que l'intéressé ne dispose pas de garanties de représentation effectives ou en cas de menace grave pour l'ordre public.
Dans ce cas, l'appel, accompagné de la demande qui se réfère à l'absence de garanties de représentation effectives ou à la menace grave pour l'ordre public, est formé dans un délai de 24 heures à compter de la notification de l'ordonnance au procureur de la République et transmis au premier président de la cour d'appel ou à son délégué.
Celui-ci décide, sans délai, s'il y a lieu de donner à cet appel un effet suspensif, en fonction des garanties de représentation dont dispose l'étranger ou de la menace grave pour l'ordre public, par une ordonnance motivée rendue contradictoirement et qui n'est pas susceptible de recours.
Par dérogation au présent article, l'appel interjeté contre une décision mettant fin à la rétention est suspensif lorsque l'intéressé a été condamné à une peine d'interdiction du territoire pour des actes de terrorisme prévus au titre II du livre IV du code pénal ou s'il fait l'objet d'une mesure d'éloignement édictée pour un comportement lié à des activités à caractère terroriste.
L'intéressé est maintenu à la disposition de la justice jusqu'à ce que cette ordonnance soit rendue et, si elle donne un effet suspensif à l'appel du ministère public, jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond.
En l'espèce si, comme l'a relevé le premier juge, ni l'identité ni la nationalité de l'intéressée ne sont pas établies, le ministère public fait valoir avec pertinence outre que l'intéressée est défavorablement connue des services de police pour des faits de menace de délit ou de crime contre les personnes ou les biens, violence sur un fonctionnaire de police, de vol et de violence et que la réitération du comportement délictuel, l'absence d'attaches et de ressources traduisent un risque de commission de nouvelles infractions de sorte que la menace à l'ordre public est en l'espèce caractérisée, elle a fait obstruction à l'organisation de son éloignement par son propre comportement en refusant de rencontrer les autorités sénégalaises à deux reprises.
Le ministère public fait également valoir que l'intéressée ne bénéficie pas de garanties de représentation puisqu'il elle est non documentée et ne justifie ni d'une adresse stable ni de ressources légales, et soutient que l'obstacle à l'éloignement a vocation à se lever durant la nouvelle période de prolongation demandée.
Au regard de la motivation pertinente de ce recours, il y a lieu de prononcer la suspension de l'exécution de l'ordonnance rendue par le premier juge et d'ordonner le maintien à disposition de la justice de Mme [T] [M] jusqu'au prononcé de la décision à