Rétention Administrative, 9 mai 2025 — 25/00908
Texte intégral
COUR D'APPEL D'AIX-EN-PROVENCE
CHAMBRE 1-11, Rétention Administrative
ORDONNANCE
DU 09 MAI 2025
N° RG 25/00908 - N° Portalis DBVB-V-B7J-BOZW3
Copie conforme
délivrée le 09 Mai 2025 par courriel à :
-l'avocat
-le préfet
-le CRA
-le JLD/TJ
-le retenu
-le MP
Décision déférée à la Cour :
Ordonnance rendue par le magistrat désigné pour le contrôle des mesures d'éloignement et de rétention de Marseille en date du 08 Mai 2025 à 12H15.
APPELANT
Monsieur [M] [C]
(bénéficie d'une aide juridictionnelle Totale numéro du 09/05/2025 accordée par le bureau d'aide juridictionnelle de AIX-EN-PROVENCE)
né le 13 Août 1986 à [Localité 7] (ALGERIE) (0000)
de nationalité Algérienne
comparant en visioconférence depuis le centre de rétention administrative de [Localité 8] en application des dispositions de la loi n°2024-42 du 26 janvier 2024.
Assisté de Maître Léa BASS, avocat au barreau d'AIX-EN-PROVENCE, commis d'office.
INTIMÉE
PREFECTURE DES BOUCHES DU RHONE
Avisée, non représentée
MINISTÈRE PUBLIC
Avisé, non représenté
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DÉBATS
L'affaire a été débattue en audience publique le 09 Mai 2025 devant Mme Nathalie FEVRE, Présidente de chambre à la cour d'appel délégué par le premier président par ordonnance, assisté de Mme Himane EL FODIL, Greffière,
ORDONNANCE
Par décision réputée contradictoire,
Prononcée par mise à disposition au greffe le 09 Mai 2025 à 21h00,
Signée par Mme Nathalie FEVRE, Présidente de chambre et Mme Himane EL FODIL, Greffière,
PROCÉDURE ET MOYENS
Vu les articles L 740-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) ;
Vu l'arrêté portant obligation de quitter le territoire national pris le 05 mai 2025 par PREFECTURE DES BOUCHES DU RHONE , notifié le même jour à 10h08 ;
Vu la décision de placement en rétention prise le 05 mai 2025 par PREFECTURE DES BOUCHES DU RHONE notifiée le même jour à 10h08;
Vu l'ordonnance du 08 Mai 2025 rendue par le magistrat désigné pour le contrôle des mesures d'éloignement et de rétention décidant le maintien de Monsieur [M] [C] dans des locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire ;
Vu l'appel interjeté le 09 Mai 2025 à 11h39 par Monsieur [M] [C] ;
Monsieur [M] [C] a comparu et a été entendu en ses explications ; il déclare
Je veux une chance pour sortir du centre et quitter le territoire pour me rendre en Espagne ou en Italie. Je travaille et j'ai une copine. Je suis en France depuis 2019.J'attends que mon patron me fasse un contrat avec des fiches de paie comme ça je prépare bien mon dossier. Mon passeport est en Algérie. Mon passeport est en Algérie je ne l'ai pas pris avec moi pour ne pas le perdre en bateau. J'accepte de signer et pointer tous les jours. Je veux reprendre mon travail et vivre avec ma copine.
Me Léa BASS est entendu en sa plaidoirie :
Moyens de nullités:
- le 1er est tiré du trajet d'une durée de 1h52 entre le commissariat du [Localité 5] et le CRA de [Localité 8], le jour férié évoqué avec le manque d'effectif ne suffit pas à justifier le trajet très long. Monsieur n'a pu exercer ses droits.
J'invoque en outre l'absence de l'accusé de réception suite à la saisine des autorités consulaires algériennes par la préfecture. Il n'y a aucune perspective de mesure d'éloignement à bref délai. S'agissant du trouble à l'ordre public, il n'y a aucune infraction qui est caractérisée. Je vous demande d'infirmer l'ordonnance du premier juge.
Le retenu a eu la parole en dernier.
La préfecture des Bouches du Rhone n'a pas comparu.
MOTIFS DE LA DÉCISION
La recevabilité de l'appel contre l'ordonnance du magistrat désigné pour le contrôle des mesures d'éloignement et de rétention n'est pas contestée et les éléments du dossier ne font pas apparaître d'irrégularité.
Il s'agit d'une première prolongation
1-sur la régularité du placement en rétention au regard du délai de transfert excessif
Il résulte des pièces produites aux débats que monsieur [C] s'est vu notifier son placement en rétention et les droits y afférent le 5 mai 2025 à 10h08 et qu'il est arrivé au CRA selon le registre à 11h55.
S'agissant d'un jour de semaine pour effectuer un trajet urbain traversant la ville de part en part ( [Localité 5] au [Localité 4]), ce délai compte tenu de la mise en route et des difficultés de circulation n'est pas excessif.
2-sur la prolongation de la rétention
L'article L741-1 du CESEDA prévoit
L'autorité administrative peut placer en rétention, pour une durée de quatre jours, l'étranger qui se trouve dans l'un des cas prévus à l'article L. 731-1 lorsqu'il ne présente pas de garanties de représentation effectives propres à prévenir un risque de soustraction à l'exécution de la décision d'éloignement et qu'aucune autre mesure n'apparaît suffisante à garantir efficacement l'exécution effective de ce