JCP REFERES, 13 mai 2025 — 25/00278

Expulsion "ferme" ordonnée en référé (sans suspension des effets de la clause résolutoire) Cour de cassation — JCP REFERES

Texte intégral

TRIBUNAL JUDICIAIRE [Adresse 10] [Adresse 1] [Adresse 7] [Localité 2]

NAC: 5AA

N° RG 25/00278 - N° Portalis DBX4-W-B7J-TXUW

ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ

N° B

DU : 13 Mai 2025

S.C.I. LES OLIVIERS

C/

[T] [S]

Expédition revêtue de la formule exécutoire délivrée le 13 Mai 2025

à Me SAMUEL

Expédition délivrée à toutes les parties

ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ

Le Mardi 13 Mai 2025, le Tribunal judiciaire de TOULOUSE,

Sous la présidence de Sophie MOREL, Vice Présidente au Tribunal judiciaire de TOULOUSE, chargée des contentieux de la protection, statuant en qualité de Juge des référés, assistée de Fanny ACHIGAR Greffier, lors des débats et Olga ROUGEOT Greffier chargé des opérations de mise à disposition.

Après débats à l'audience du 14 Mars 2025, a rendu l’ordonnance de référé suivante, mise à disposition conformément à l'article 450 et suivants du Code de Procédure Civile, les parties ayant été avisées préalablement ;

ENTRE :

DEMANDERESSE

S.C.I. LES OLIVIERS, dont le siège social est sis [Adresse 3]

représentée par Me Jacques SAMUEL, avocat au barreau de TOULOUSE

ET

DÉFENDEUR

M. [T] [S], demeurant [Adresse 6]

non comparant, ni représenté

EXPOSÉ DU LITIGE :

Par acte sous seing privé signé le 28 juin 2021, la SCI LES OLIVIERS a donné en location à Monsieur [T] [S] un immeuble à usage d’habitation situé [Adresse 5], moyennant un loyer actuel de 547,88€ provision sur charges comprise.

Les loyers n’ont pas été régulièrement réglés et commandement de payer visant la clause résolutoire a été délivré le 24 juin 2024, en vain.

Par acte du 12 décembre 2024, dénoncé le 13 décembre 2024 par voie électronique avec accusé réception au Préfet de la Haute-Garonne, la SCI LES OLIVIERS a fait assigner en référé Monsieur [T] [S] afin d’obtenir : ‒ la constatation de la résiliation du bail, ‒ le paiement à titre provisionnel de la somme de 2.408,63€ représentant l’arriéré de loyers arrêté au 9 décembre 2024, ‒ l’expulsion des occupants sous astreinte de 100€ par jour de retard à compter de la signification de la présente décision et au besoin accorder le concours de la force publique, ‒ la fixation d’une indemnité d’occupation d’un montant égal à celui du loyer mensuel et charge, ‒ le paiement à titre provisoire du dépôt de garantie de 490€ et ordonner la compensation des sommes dues, ‒ l’allocation de 1.000€ en application de l’article 700 du Code de procédure civile et la condamnation du locataire aux dépens

L’affaire était appelée à l’audience du 14 mars 2025.

La SCI LES OLIVIERS, valablement représentée, maintient ses demandes et actualise sa créance à la somme de 4.738,79€ arrêtée au 6 mars 2025, hors frais de procédure.

Monsieur [T] [S] , assigné selon les modalités prévues aux articles 656 et 658 du Code de procédure civile, n’a pas comparu .

La décision était mise en délibéré au 13 mai 2025.

MOTIFS :

Sur la recevabilité : Une copie de l’assignation a été notifiée au Préfet de la Haute-Garonne par voie électronique avec accusé de réception le 13 décembre 2024, conformément à l’article 24 de la Loi du 6 juillet 1989, soit plus de six semaines avant l’audience. La CCAPEX a été saisie le 26 juin 2024 par voie électronique avec accusé de réception dont copie est versée au débat. L’action est donc recevable.

Sur la preuve des loyers et charges impayés : La SCI LES OLIVIERS fait la preuve de l’obligation dont elle se prévaut en produisant le bail signé le 28 juin 2021, le commandement de payer visant la clause résolutoire délivré le 24 juin 2024 et le décompte de la créance.

Sur la clause résolutoire : Le bail signé par les parties contient une clause résolutoire qui prévoit qu’à défaut de paiement des loyers ou charges échus, ou du dépôt de garantie et deux mois après la délivrance d’un commandement de payer resté infructueux, le bail sera résilié de plein droit. Le défaut d’assurance produit les mêmes effets un mois après le commandement d’avoir à en justifier. Par acte d’huissier du 24 juin 2024, le bailleur a fait commandement d’avoir à payer les loyers impayés. Ce commandement reproduit la clause résolutoire insérée au contrat de bail ainsi que les dispositions de l’article 24 de la Loi n°89-462 du 6 juillet 1989 dans leur rédaction antérieure à la loi du 27 juillet 2023, de même que les dispositions de l’article 6 de la loi n°90-449 du 31 mai 1990 et mentionne la faculté pour le locataire de saisir le fonds de solidarité pour le logement. Les loyers n’ont pas été réglés dans les deux mois et, par ailleurs, le juge n’a pas été saisi par le locataire aux fins d’obtenir des délais de paiement et la suspension des effets de la clause résolutoire. Les conditions d’acquisition de la clause résolutoire sont donc réunies à la date du 24 août 2024. Il convient d’ordonner son expulsion.

A défaut de départ volontaire dans les deux mois suivant signification d'un commandement de quitter les lieux, il pourra être expulsé des lieux loués, ainsi que tous