Rétention Administrative, 16 mai 2025 — 25/00474
Texte intégral
REPUBLIQUE FRANCAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS
COUR D'APPEL DE METZ
ORDONNANCE DU 16 MAI 2025
Nous, Claire DUSSAUD, Conseillère, agissant sur délégation de Monsieur le premier président de la cour d'appel de Metz,
Dans l'affaire N° RG 25/00474 - N° Portalis DBVS-V-B7J-GMBM ETRANGER entre :
Le procureur de la République
Et
M. [E] [R]
né le 29 Juillet 1994 à [Localité 2] (ROUMANIE)
de nationalité Roumaine
Sans domicile connu en France
Actuellement en rétention administrative.
Vu l'ordonnance rendue le 16 mai 2025 à 10h12 par le juge du tribunal judiciaire ordonnant la remise en liberté immédiate de M. [E] [R] à l'issue des formalités administratives au centre de rétention administrative de Metz et notifiée le même jour à 10h20 à M. Le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Metz ;
Vu l'appel de cette décision de M. Le procureur de la République près le tribunal judiciaire le 16 mai 2025 à 15h40, réceptionné au greffe de la chambre des libertés le même jour à 15h52 ;
Vu la demande d'effet suspensif de l'appel de l'ordonnance de refus de prolongation de la mesure de rétention administrative formulée dans l'acte d'appel ;
Vu la notification de la déclaration d'appel avec demande d'appel suspensif faite à M. [E] [R] le 16 mai 2025 à 16h00 avec indication des modalités et du délai des observations en réponse à la demande de déclaration d'effet suspensif à éventuellement formuler auprès du magistrat devant statuer sur cette demande,
Vu les notifications du recours suspensif du 16 mai 2025 effectuées par le parquet :
- à Me Déborah PONSEELE, avocat au barreau de Metz, conseil de M. [E] [R], par courriel à 15h52
- au préfet de la Moselle, par courriel à 15h52.
Constatant l'absence d'observations faite par l'étranger ou son conseil dans le délai prévu à l'article R 743-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
SUR CE,
Vu le dossier de la procédure,
L'article L 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui dispose que l'appel n'est pas suspensif.
Toutefois, le ministère public peut demander au premier président de la cour d'appel ou à son délégué de déclarer son recours suspensif lorsqu'il lui apparaît que l'intéressé ne dispose pas de garanties de représentation effectives ou en cas de menace grave pour l'ordre public.
Dans ce cas, l'appel, accompagné de la demande qui se réfère à l'absence de garanties de représentation effectives ou à la menace grave pour l'ordre public, est formé dans un délai de 24 heures à compter de la notification de l'ordonnance au procureur de la République et transmis au premier président de la cour d'appel ou à son délégué.
Celui-ci décide, sans délai, s'il y a lieu de donner à cet appel un effet suspensif, en fonction des garanties de représentation dont dispose l'étranger ou de la menace grave pour l'ordre public, par une ordonnance motivée rendue contradictoirement et qui n'est pas susceptible de recours.
L'intéressé est maintenu à la disposition de la justice jusqu'à ce que cette ordonnance soit rendue et, si elle donne un effet suspensif à l'appel du ministère public, jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond.
En l'espèce il ressort d'un formulaire de renseignement administratif signé par M. [R] le 21 mai 2025 que l'intéressé ne détenait pas de document d'identité ni de voyage de type CNI ou passeport, et qu'aucun document n'a été remis aux services de police. La seule production devant le JLD d'une photocopie de carte d'identité roumaine ne constitue pas une preuve de son identité. En outre il ressort des pièces de la procédure transmise par la préfecture qu'il a été interpellé le 11 mai 2025 en état d'ivresse, et placé en garde à vue, et, au vu des déclaration d'une personne se déclarant victime, qu'il existe des raisons plausibles de soupçonner qu'il a commis des faits de dégradation, de violences, et de violation de domicile à [Localité 1] entre le 8 mai et le 11 mai 2025. De surcroît il n'allègue pas de résidence effective ni d'activité professionnelle en France. M. [R] ne présente dès lors pas de garanties de représentation effectives en France, de sorte qu'il y a lieu de déclarer l'appel suspensif.
PAR CES MOTIFS
Statuant sans délai par décision insusceptible de recours,
PRONONÇONS LA SUSPENSION DE L'EXÉCUTION de l'ordonnance rendue par le juge du tribunal judiciaire de Metz en date du 16 mai 2025 à 10h12 ayant rejeté la requête aux fins de prolongation de la rétention dans des locaux ne dépendant pas de l'administration pénitentiaire de M. [E] [R] et ordonné sa mise en liberté,
ORDONNONS LE MAINTIEN A LA DISPOSITION DE LA JUSTICE de M. [E] [R] jusqu'au prononcé de la décision à intervenir statuant sur l'appel, les conditions du maintien étant déterminées comme le prévoit l'article R 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
DISONS que la présente décision conférant un caractère suspensif à l'appel du ministère public sera portée à la connaissance de l'étranger et de son conseil par le greffe de la cour d'appel et communiquée au procureur de la république, qui veillera à son exécution et en informera l'autorité administrative qui a prononcé la rétention,
AVISONS les parties que l'audience d'appel aura lieu le dimanche 18 mai 2025 à 15h00 ;
ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance.
La conseillère,