PEC sociétés civiles, 19 mai 2025 — 17/02008
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE PARIS [1]
[1] C.C.C. + C.C.C.F.E. délivrées le : à
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PEC sociétés civiles
N° RG 17/02008
N° Portalis 352J-W-B7B-CJZH4
N° MINUTE : 5
Assignation du : 24 janvier 2017
JUGEMENT rendu le 19 mai 2025 DEMANDEURS
Société COMPAGNIE EUROPEENNE DE BIJOUTERIE (SA) 133, rue de Montreuil 75011 PARIS
Monsieur [H] [VZ] 07, rue de Farcy 77000 MELUN
Madame [X] [W] épouse [U] 224, avenue Anatole France 77190 DAMMARIE-LES-LYS
Monsieur [E] [W] 27, avenue Marguerite 95230 SOISY-SOUS-MONTMORENCY
Madame [R] [M] veuve [Y] 05, rue de Verdun 77000 MELUN
Monsieur [D] [VZ] 47, route de Vittalo 20000 AJACCIO
Monsieur [I] [VZ] 210, Chemin de la Roue 01220 DIVONNE-LES-BAINS
Madame [F] [Y] épouse [W] 544, avenue Emile Zola 77190 DAMMARIE-LES-LYS 1ère chambre civile - 3ème section Sociétés civiles RG 17/02008 - N° Portalis 352J-W-B7B-CJZH4
Monsieur [K] [M] 14, rue de Plessis-le-Roi 77176 SAVIGNY-LE-TEMPLE
Madame [T] [Y] épouse [W] 256, Quai Lallia 77350 LE MEE-SUR-SEINE
Madame [S] [A] épouse [MH] 31-33, Rue Saint Léonard 14600 HONFLEUR
Monsieur [N] [A] 41, rue de la République 14600 HONFLEUR
Monsieur [J] [W] 544, avenue Emile Zola 77190 DAMMARIE-LES-LYS
tous représentés par Maître Florent LOYSEAU DE GRANDMAISON de la SELEURL SELARL LDG AVOCATS, avocat au barreau de PARIS, avocat postulant, vestiaire #E2146
DÉFENDEUR
Monsieur [IH] [B], Commissaire aux Comptes 44, rue Letellier 75015 PARIS
représenté par Maître Georges QUINQUET DE MONJOUR de la SELARL RONSARD AVOCATS, avocat au barreau de PARIS, avocat plaidant, vestiaire #L0171
COMPOSITION DU TRIBUNAL
Pascale LADOIRE-SECK, vice-présidente, présidente de la formation ; Samantha MILLAR, vice-présidente ; Benjamin BLANCHET, vice-président ;
assistés de Robin LECORNU, Greffier,
DEBATS
A l’audience du 03 février 2025, tenue en audience publique ;
Avis a été donné aux parties que le jugement serait rendu par mise à disposition au Greffe le 19 mai 2025.
JUGEMENT
Rendu publiquement par mise à disposition au Greffe Contradictoire En premier ressort
1ère chambre civile - 3ème section Sociétés civiles RG 17/02008 - N° Portalis 352J-W-B7B-CJZH4
EXPOSE DU LITIGE
La société COMPAGNIE EUROPÉENNE DE BIJOUTERIE est spécialisée dans la vente de bijoux. Jusqu'au 9 décembre 2016, la direction générale était composée de M. [H] [VZ], administrateur et président-directeur général et de Mme [T] [W], administratrice et responsable du service commercial. Ladite personne morale a géré une vingtaine de magasins.
Le 9 décembre 2016, les titres de la société CEB ont été cédés à la SAS JGM dont le directeur général est M. [O] [L].
En 1985, la société CEB a recruté Mme [V] [Z] en qualité de chef comptable. A compter d'avril 2010, elle a exercé ses fonctions au sein de la société sous le statut d'auto-entrepreneur. Compte tenu du changement d'actionnariat de la société, l'intéressée avait décidé de résilier sa mission à effet du 9 décembre 2016.
Les dirigeants de la société CEB ont toutefois constaté que Mme [V] [Z] avait détourné, de manière régulière, des fonds à son bénéfice. Celle-ci a reconnu, par deux attestations en date des 14 et 15 décembre 2016, avoir détourné la somme de 1 925 070, 59 euros au moyen de la présentation de faux états de rapprochements bancaires et mentionné que M. [B] n'avait jamais contrôlé aucun état de rapprochements bancaires. Elle a ainsi admis avoir agi par des virements bancaires, chèques et prélèvements d'espèces dissimulés au sein de la comptabilité.
M. [B] est intervenu auprès de la société CEB, depuis le 30 juin 2000, en qualité de commissaire aux comptes suppléant et, à compter du 30 juin 2006, de celle de commissaire aux comptes titulaire.
Le cabinet AUDIT FINANCE CONSEIL INTERNATIONAL exerçait, depuis 1996, les fonctions d'expert-comptable de la société CEB. M. [BN] [C] et M. [IH] [B] étaient associés au sein de ce cabinet. A compter du 30 mars 1998, le second a été désigné président du conseil d'administration de la société AFCI. Il en démissionnera le 31 juillet 2006. Sa mission de commissaire aux comptes a été renouvelée le 29 juin 2012.
Depuis 2006 et de manière constante, M. [B] a certifié les comptes de la société CEB. Il n'a relevé aucun des détournements réalisés par Mme [Z] ni formulé aucune réserve. L'intéressé a de même certifié les comptes intermédiaires au 31 juillet 2016.
Le 12 décembre 2016, les détournements de fonds commis par Mme [P] ont été découverts et, par lettre du 28 décembre suivant, M. [L] a sollicité de M. [B] des explications relatives notamment aux modalités de son contrôle. M. [VZ] a fait de même le 6 janvier 2017.
Le 9 février 2017, M. [B] répondait à la société CEB qu'il avait « correctement exécuté son mandat ».
Le 6 juin 2017, il a indiqué n'avoir pu procéder aux contrôles des comptes clos le 9 décembre 2016. Le 22 juillet suivant, M.[B] a refusé de certifier les comptes de la société CEB.
Afin de mettre en conformité le bilan à la suite du constat des détou