Chambre 6 (Etrangers), 26 mai 2025 — 25/02059

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Texte intégral

COUR D'APPEL DE COLMAR

SERVICE DES RETENTIONS ADMINISTRATIVES

N° RG 25/02059 - N° Portalis DBVW-V-B7J-IRJY

N° de minute : 224/25

ORDONNANCE

Nous, Marie-Dominique ROMOND, présidente de chambre à la Cour d'Appel de Colmar, agissant par délégation de la première présidente, assistée de Marine HOUEDE BELLON, greffier ;

Dans l'affaire concernant :

M. [K] [Y] [C]

né le 05 Juin 2004 à [Localité 1] (ALGÉRIE)

de nationalité algérienne

Actuellement retenu au centre de rétention de [Localité 2]

VU les articles L.141-2 et L.141-3, L.251-1 à L.261-1, L.611-1 à L.614-19, L.711-2, L.721-3 à L.722-8, L.732-8 à L.733-16, L.741-1 à L.744-17, L.751-9 à L.754-1, L761-8, R.741-1, R.744-16, R.761-5 du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile (CESEDA) ;

VU l'arrêté pris le 06 juin 2024 par LE PREFET DU BAS-RHIN faisant obligation à M. [K] [Y] [C] de quitter le territoire français ;

VU la décision de placement en rétention administrative prise le 19 mai 2025 par LE PREFET DU BAS-RHIN à l'encontre de M. [K] [Y] [C], notifiée à l'intéressé le même jour à 11h34;

VU la requête de LE PREFET DU BAS-RHIN datée du 22 mai 2025, reçue le même jour à 13h07 au greffe du tribunal, tendant à la prolongation de la rétention administrative pour une durée de 26 jours de M. [K] [Y] [C] ;

VU l'ordonnance rendue le 23 Mai 2025 à 11h15 par le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Strasbourg, statuant en qualité de magistrat du siège,, déclarant la requête de LE PREFET DU BAS-RHIN recevable et la procédure régulière, et ordonnant la prolongation de la rétention de M. [K] [Y] [C] au centre de rétention de Geispolsheim, ou dans tout autre centre ne dépendant pas de l'administration pénitentiaire, pour une durée de 26 jours à compter du 22 mai 2025;

VU l'appel de cette ordonnance interjeté par M. [K] [Y] [C] par voie électronique reçue au greffe de la Cour le 23 Mai 2025 à 15h52 ;

VU les avis d'audience délivrés le 23 mai 2025 à l'intéressé, à Me Maëlle BLEIN, avocat de permanence, à [M] [Z], interprète en langue arabe assermenté, à la SELARL CENTAURE AVOCATS, à LE PREFET DU BAS-RHIN et à M. Le Procureur Général ;

Après avoir entendu M. [K] [Y] [C] en ses déclarations par visioconférence et par l'intermédiaire de [M] [Z], interprète en langue arabe assermenté, Me Maëlle BLEIN, avocat au barreau de COLMAR, commise d'office, en ses observations pour le retenu, puis Maître MOREL, avocat au barreau de Paris, en ses observations pour la SELARL CENTAURE AVOCATS, conseil de LE PREFET DU BAS-RHIN, et à nouveau l'appelant qui a eu la parole en dernier.

MOTIFS DE LA DÉCISION :

Sur la recevabilité de l'appel :

Au terme de l'article R 743-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'ordonnance du juge des libertés et de la détention est susceptible d'appel devant le Premier Président de la Cour d'appel ou son délégué dans les vingt-quatre heures de son prononcé, par l'étranger, par le préfet du département et, à Paris, par le préfet de police.

L'appel de M. [K] [Y] [C] formé par écrit motivé le 23 mai 2025 à 15 h 52 à l'encontre de l'ordonnance du juge des libertés et de la détention de Strasbourg rendue le 23 mai 2025 à 11 h 15' doit donc être déclaré recevable.

Au fond :

M. [K] [Y] [C] soulève quatre moyens au soutien de sa contestation de l'ordonnance de première prolongation de la mesure de rétention': la recevabilité de nouveaux moyens, l'irrégularité de la requête, l'absence de diligence de l'administration à l'égard des autorités consulaires et l'absence de perspective d'éloignement.

1) sur la recevabilité des nouveaux moyens':

Il ressort des dispositions de l'article 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu' 'à peine d'irrecevabilité, prononcée d'office, aucune irrégularité antérieure à une audience à l'issue de laquelle le juge des libertés et de la détention a prolongé la mesure ne peut être soulevée lors d'une audience ultérieure'.

Par ailleurs, sauf s'ils constituent des exceptions de procédure au sens de l'article 74 du code de procédure civile, les moyens nouveaux sont recevables en appel.

En application des dispositions de l'article 563 du code de procédure civile, pour justifier en appel les prétentions qu'elles avaient soumises au premier juge, les parties peuvent invoquer des moyens nouveaux, produire de nouvelles pièces ou proposer de nouvelles preuves. Les moyens nouveaux de l'acte d'appel peuvent être complétés ou régularisés dans le délai de recours de 24 heures.

Au regard de l'ensemble de ces dispositions, les nouveaux moyens développés dans la déclaration d'appel seront déclarés recevables.

2) sur l'irrégularité de la requête':

Il ressort des pièces de la procédure que la requête en première prolongation de la mesure de rétention a été signée par M. [E] [R] et qu'il est justifié de la délégation de signature donnée à celle-ci par arrêté du Préfet du