Chambre 2-4, 27 mai 2025 — 21/13848

other Cour de cassation — Chambre 2-4

Texte intégral

COUR D'APPEL

D'[Localité 4]

[Adresse 2]

[Localité 1]

Chambre 2-4

N° RG 21/13848 - N° Portalis DBVB-V-B7F-BIE2P

Ordonnance n° 2025/M118

ORDONNANCE DE PEREMPTION

Nous, Michèle JAILLET, Conseiller de la mise en état de la Chambre 2-4 de la cour d'appel d'Aix- en-Provence, assistée de Fabienne NIETO, greffier,

Vu l'instance opposant :

Mme [M] [J]

Représentant : Me Nathalie VINCENT de la SELARL VINCENT-HAURET-MEDINA, avocat au barreau de NICE

Mme [T] [J]

Représentant : Me Nathalie VINCENT de la SELARL VINCENT-HAURET-MEDINA, avocat au barreau de NICE

M. [S] [J]

Représentant : Me Nathalie VINCENT de la SELARL VINCENT-HAURET-MEDINA, avocat au barreau de NICE

Appelants

à

Mme [W] [P]

(bénéficie d'une aide juridictionnelle Totale numéro 2022/002547 du 18/03/2022 accordée par le bureau d'aide juridictionnelle de [Localité 4])

Représentant : Me Lauriane BUONOMANO, avocat au barreau D'AIX-EN-PROVENCE

Intimée

***

Vu le jugement réputé contradictoire rendu par le tribunal judiciaire de Nice le 08 septembre 2021 dans le litige opposant :

Mme [M] [J],

Mme [T] [J],

M. [S] [J],

à

Mme [W] [P],

Vu la déclaration d'appel des consorts [J] reçue au greffe le 30 septembre 2021,

Vu les conclusions au fond des parties, les dernières ayant été notifiées le 04 avril 2022,

Vu le soit-transmis adressé le 15 avril 2025 aux conseils des parties sollicitant leurs observations sur la péremption de l'instance enrôlée sous le RG n°21/13848, en l'absence de diligences depuis le 04 avril 2022, et ce avant le 14 mai 2025,

Vu le courriel transmis le 12 mai 2025 par le conseil des appelants mentionnant que conformément à la jurisprudence de la Cour de cassation du 07/03/2024, la péremption ne court plus dans la mesure où le Conseiller de la mise en état n'a pas fixé de calendrier, ni enjoint les parties à accomplir une diligence particulière,

Vu l'absence d'observations du conseil de l'intimée à la date du 27 mai 2025,

MOTIFS DE LA DECISION

Sur la péremption

L'article 2 du code de procédure civile dispose que les parties conduisent l'instance sous les charges qui leur incombent. Il leur appartient d'accomplir les actes de la procédure dans les formes et délais requis.

L'article 386 du code de procédure civile dispose : ' L'instance est périmée lorsque aucune des parties n'accomplit de diligences pendant deux ans.'

L'article 388 du code de procédure civile précise que le juge peut la constater d'office après avoir invité les parties à présenter leurs observations.

La Cour de cassation a précisé, dans ses arrêts rendus le 27 mars 2025, que la diligence interruptive du délai de péremption s'entend désormais de l'initiative d'une partie, manifestant sa volonté de parvenir à la résolution du litige, prise utilement dans le cours de l'instance.

Pour être interruptif de péremption, un acte doit donc faire partie de l'instance et la continuer.

Une diligence procédurale ne peut interrompre la péremption que s'il est constaté qu'elle est de nature à faire progresser l'affaire. Le mot 'diligence' doit comprendre toute démarche ayant pour but de faire avancer le litige vers sa conclusion.

Seules les diligences des parties ont un effet interruptif. En l'espèce, les parties ne justifient d'aucune diligence depuis le 04 avril 2022.

Les actes du magistrat de la mise en état ne constituent pas une diligence au sens de l'article 386 du code de procédure civile.

La péremption de l'instance, qui tire les conséquences de l'absence de diligences des parties en vue de voir aboutir le jugement de l'affaire et poursuit un but légitime de bonne administration de la justice et de sécurité juridique afin que l'instance s'achève dans un délai raisonnable ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit à un procès équitable.

En l'absence de diligences des parties depuis le 04 avril 2022 ainsi qu'en atteste l'historique informatique du dossier dans le logiciel Winci Ca de la Cour, il convient de constater d'office la péremption de l'instance enrôlée sous le numéro RG 21/13848 de notre greffe.

Sur les dépens

Les consorts [J], appelants, doivent être condamnés aux dépens d'appel.

PAR CES MOTIFS

Le conseiller de la mise en état,

Statuant par ordonnance contradictoire, après en avoir délibéré conformément à la loi,

Constatons d'office la péremption de l'instance enregistrée sous le numéro RG 21/13848 de notre greffe,

Condamnons les consorts [J], appelants, aux dépens d'appel,

Déboutons les parties de leurs demandes plus amples ou contraires.

Prononcé par mise à

disposition de l'ordonnance au greffe de la cour,

Signé par Mme Michèle Jaillet, conseiller de la mise en état, et par Mme Fabienne Nieto, greffier, auquel la minute de la décision a été remise par le magistrat signataire.

Fait à [Localité 3] le 27/05/2025

Le greffier Le conseiller de la mise en état