ETRANGERS, 30 mai 2025 — 25/00966
Texte intégral
COUR D'APPEL DE DOUAI
Chambre des Libertés Individuelles
N° RG 25/00966 - N° Portalis DBVT-V-B7J-WHHN
N° de Minute : 970
Ordonnance du vendredi 30 mai 2025
République Française
Au nom du Peuple Français
APPELANT
M. [T] [N] [B] né le 28 septembre 1999 à [Localité 1], de nationalité guinéenne
déclarant à l'audience se nommer [T] [B] et être né le 28 septembre 1996
Actuellement retenu au centre de rétention de [Localité 2]
dûment avisé, comparant en personne par visioconférence
assisté de Me Coline HUBERT, avocat au barreau de DOUAI, Avocat (e) commis (e) d'office
INTIMÉ
M. LE PREFET DU PAS-DE-CALAIS
dûment avisé, absent représenté par Maître Manon LEULIET, avocate au bareau de Douai
PARTIE JOINTE
M. le procureur général près la cour d'appel de Douai : non comparant
MAGISTRATE DELEGUEE : Agnès MARQUANT, présidente de chambre à la Cour d'Appel de Douai désignéé par ordonnance pour remplacer le premier président empêché
assistée de Véronique THÉRY, greffière
DÉBATS : à l'audience publique du vendredi 30 mai 2025 à 13 h 00
Les parties comparantes ayant été avisées à l'issue des débats que l'ordonnance sera rendue par mise à disposition au greffe
ORDONNANCE : rendue à Douai par mise à disposition au greffe le vendredi 30 mai 2025 à 14 h 45
Le premier président ou son délégué,
Vu les articles les 740-1 à L.744-17 et R.740-1 à R.744-47 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) et spécialement les articles R 743-18 et R 743-19 ;
Vu l'aricle L 743-8 et L 922-3 al 1 à 4 du CESEDA ;
Vu l'ordonnance du juge du tribunal judiciaire de BOULOGNE-SUR-MER en date du 28 mai 2025 à 11 H 33 notifiée à 11 h 45 prolongeant sa rétention administrative de M. [T] [N] [B] ;
Vu l'appel interjeté par M. [T] [N] [B] par déclaration reçue au greffe de la cour d'appel de ce siège le 28 mai 2025 à 16 H 23 sollicitant la main-levée du placement en rétention administrative ;
Vu le procès-verbal des opérations techniques de ce jour ;
Vu l'audition des parties, les moyens de la déclaration d'appel et les débats de l'audience ;
EXPOSE DU LITIGE
M [T] [N] [B] a fait l'objet d'un placement en rétention administrative ordonné par M. Le Préfet du Pas-de-Calais le 24 mai 2025 et notifié le même jour à 18h20 en exécution d'une requête de reprise en charge par un Etat Membre.
Aucun recours en annulation de l'arrêté de placement en rétention administrative n'a été déposé au visa de l'article L 741-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu l'article 455 du code de procédure civile;
Vu l'ordonnance du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer en date du 28 mai 2025 à 11h33 et notifiée à 11h45 ordonnant la première prolongation du placement en rétention administrative M [B] pour une durée de 26 jours;
Vu la déclaration d'appel de M [B] du 28 mai 2025 à 16h23 sollicitant la main-levée du placement en rétention administrative
Au soutien de sa déclaration d'appel, M [B] soulève le nouveau moyen tiré du défaut de diligences de l' administration.
Le conseil de M le Préfet du Pas-de-Calais a demandé le rejet du moyen et la confirmation de l' ordonnance.
MOTIFS DE LA DÉCISION
Selon l'article L. 741-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ, l'administration devant exercer toute diligence à cet effet. Il en résulte que celle-ci doit effectuer les démarches nécessaires à la mise en 'uvre de la mesure d'éloignement dès le placement en rétention.
En l'espèce, l'appelant n'assortit pas son moyen des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien fondé.
Il résulte de la procédure que l'administration a accompli promptement les diligences nécessaires et suffisantes à ce stade, se trouvant dans l'attente de la réponse des autorités étrangères à la demande de reprise en charge qui doit intervenir dans un délai de 14 jours en application de l'article 25 du Règlement (UE) n°604/2013 du Parlement Européen et du Conseil du 26 juin 2013 à compter de la saisine intervenue le 24 mai 2025 respectivement à 16h42 pour les autorités belges et à 16h45 s'agissant des autorités allemandes.
Dès lors, l'étranger n'est pas fondé à se prévaloir d'un manquement de l'autorité administrative à son obligation de diligence.
En outre, l'étranger qui fait valoir qu'il veut repartir en Belgique conteste en réalité le pays de destination alors que cette question ne relève pas de la compétence du juge judiciaire mais du juge administratif.
Conformément au droit communautaire, aucun moyen soulevé par les parties ou susceptible d'être relevé d'office ne paraît contraire à la prolongation de la rétention administrative.
Il convient dès lors de rejeter le moyen et de confirmer l' ordonnance.
PAR CES MOTIFS :
DÉCLARONS l'app