Chambre Référés Civils, 22 mai 2025 — 25/00035
Texte intégral
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BOURGOIN JALLIEU
N° RG 25/00035 - N° Portalis DBYG-W-B7J-DKIA
Date : 22 Mai 2025
Minute : - R E F E R E -
Le Juge des Référés du Tribunal Judiciaire de BOURGOIN-JALLIEU a, dans l'affaire opposant :
DEMANDERESSE
S.C.I. GRAYE, dont le siège social est sis [Adresse 6]
représentée par Maître Simon PANTEL de la SELARL ALEXO AVOCATS, avocats au barreau de GRENOBLE
d’une part,
DEFENDERESSES
E.U.R.L. MANDIER ETANCHEITE, dont le siège social est sis [Adresse 5]
représentée par Maître Laurent MAGUET de la SCP MAGUET & ASSOCIES, avocats au barreau de BOURGOIN-JALLIEU substituée par Maître Anaïs BERGER, avocat au barreau de BOURGOIN-JALLIEU
Société QBE EUROPE pris en son établissement secondaire, dont le siège social est sis [Adresse 3]
non comparante, ni représentée
d’autre part,
rendu l'ordonnance dont la teneur suit, après que la cause ait été débattue le 06 Mai 2025 devant Madame CHARRE, Présidente assistée de Madame GALLIFET, Greffière.
Copie exécutoire délivrée le CCC
FAITS, PROCÉDURE ET PRÉTENTIONS DES PARTIES
Vu les assignations délivrées les 27 et 28 janvier 2025 à la SARL MANDIER ETANCHEITE et son assureur la société QBE EUROPE, à la demande de la SCI LE GRAYE ;
Vu le jugement du tribunal judiciaire de Bourgoin-Jallieu en date du 27 juin 2023 ;
Vu les notes de l'audience du 6 mai 2025, à laquelle les parties ont comparu par leurs conseils respectifs pour maintenir les demandes et moyens formulés dans leurs dernières conclusions, la SCI GRAYE sollicitant une mesure d'expertise judiciaire, la SARL MANDIER ETANCHEITE soulevant à titre principal l’irrecevabilité de la demande d‘expertise, subsidiairement le rejet et formulant une demande reconventionnelle pour procédure abusive ;
Régulièrement citée à personne habilitée, la société QBE EUROPE est défaillante ;
Attendu que :
Aux termes de l'article 145 du code de procédure civile, s'il existe un motif légitime de conserver ou d'établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d'un litige, les mesures d'instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé sur requête ou en référé ;
Il appartient donc au demandeur de démontrer l'existence d'un fait crédible et plausible, ne relevant pas de la simple hypothèse, qui présente un lien utile avec un litige potentiel futur dont l'objet et le fondement juridique sont suffisamment déterminables et dont la solution peut dépendre de la mesure sollicitée ;
En l'espèce, il ressort des éléments soumis au tribunal que la SCI GRAYE a confié en 2020 à la SARL MANDIER ETANCHEITE des travaux de rénovation d'une piscine ; En suite des désordres allégués par le maître d'ouvrage le tribunal judiciaire a dans un jugement en date du 27 juin 2023 tranché les responsabilités en cause et procédé aux comptes entre les parties ;
La SCI GRAYE saisit aujourd'hui le juge des référés d'une demande d'expertise en faisant valoir l'apparition d'un nouveau désordre sur la piscine ; Elle produit le rapport d'une expertise amiable non contradictoire relevant l'existence d'une fuite sur le revêtement au fond du bassin, une soudure du PVC armé n'étant pas étanche ;
Le devis signé entre les parties en 2020 confiait à la SARL MANDIER ETANCHEITE la pose de ce PVC armé ;
Cette entreprise soulève la fin de non-recevoir de la demande qui aurait déjà été tranchée par le jugement du 27 juin 2023 ayant acquis force de chose jugée ;
Il convient cependant de relever que si la question de la membrane pvc a bien été évoquée lors de cette instance, les désordres allégés ne concernaient que des défauts esthétiques - surface non parfaitement lisse et soudures irrégulières - et non un problème d'étanchéité du revêtement ;
Aussi l'action en référé est recevable s'agissant d'un désordre nouveau ;
A partir de là, il appartiendra à l'expert de constater l'état des lieux, et de déterminer s'il est effectivement en mesure aujourd'hui d'apprécier la qualité des travaux réalisés par la SARL MANDIER ETANCHEITE au regard des modifications apportées sur l'ouvrage ; L'expert sera également saisi de la question du défaut d'entretien, de l'intervention d'un tiers, ou de l'usure ; Il sera en conséquence fait droit à la demande, aux frais avancés du demandeur et selon mission précisée au dispositif ci-après ;
- Sur les autres demandes
En l'absence de partie perdante, la demanderesse supportera la charge des dépens ; sa demande en application de l'article 700 du Code de procédure civile sera rejetée, la décision étant en l'état présumée rendue dans son intérêt ; Les demandes reconventionnelles des défendeurs ayant été rejetées il n’y a pas lieu à retenir le caractère abusif de la procédure, et les demandes formées de ce chef seront rejetées ;
PAR CES MOTIFS
Nous, Juge des référés, statuant publiquement, par ordonnance réputée contradictoire, en premier ressort et par mise à disposition au greffe, les parties avisées,
Renvoyo