Première chambre civile, 11 juillet 2019 — 18-18.858

Cassation Cour de cassation — Première chambre civile

Textes visés

  • Articles L. 411-3 du code de l'organisation judiciaire et 1015 du code de procédure civile.
  • Articles R. 552-13 et R. 552-15, alinéa 2, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

CIV. 1

LG

COUR DE CASSATION ______________________

Audience publique du 11 juillet 2019

Cassation partielle sans renvoi

Mme BATUT, président

Arrêt n° 691 F-D

Pourvoi n° V 18-18.858

Aide juridictionnelle totale en défense au profit de M. Y.... Admission du bureau d'aide juridictionnelle près la Cour de cassation en date du 20 novembre 2018.

R É P U B L I Q U E F R A N Ç A I S E

_________________________

AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS _________________________

LA COUR DE CASSATION, PREMIÈRE CHAMBRE CIVILE, a rendu l'arrêt suivant :

Statuant sur le pourvoi formé par le préfet de la Seine-Maritime, domicilié [...] ,

contre l'ordonnance rendue le 8 mai 2018 par le premier président de la cour d'appel de Rouen, dans le litige l'opposant à M. P... Y..., domicilié chez Mme Q... O...[...] ,

défendeur à la cassation ;

Le demandeur invoque, à l'appui de son pourvoi, le moyen unique de cassation annexé au présent arrêt ;

Vu la communication faite au procureur général ;

LA COUR, en l'audience publique du 12 juin 2019, où étaient présentes : Mme Batut, président, Mme Gargoullaud, conseiller référendaire rapporteur, Mme Auroy, conseiller doyen, Mme Pecquenard, greffier de chambre ;

Sur le rapport de Mme Gargoullaud, conseiller référendaire, les observations de la SCP L. Poulet-Odent, avocat du préfet de la Seine-Maritime, de la SCP Célice, Soltner, Texidor et Périer, avocat de M. Y..., et après en avoir délibéré conformément à la loi ;

Sur le moyen unique, pris en sa première branche :

Vu les articles R. 552-13 et R. 552-15, alinéa 2, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Attendu qu'il résulte du premier de ces textes que le premier président de la cour d'appel est saisi par déclaration motivée et du second, que la comparution des parties est facultative ;

Attendu, selon l'ordonnance attaquée, rendue par le premier président d'une cour d'appel, et les pièces de la procédure, que, le 5 mai 2018, le préfet a pris un arrêté de placement en rétention de M. Y..., de nationalité marocaine, fondé sur un arrêté d'expulsion du 5 mai 1999, notifié le 14 mai 1999 et sur un arrêté fixant le pays de renvoi, notifié le 5 mai 2018 ; que, par une déclaration motivée, il a interjeté appel de la décision du juge des libertés et de la détention mettant fin à la rétention administrative ;

Attendu que, pour confirmer cette décision, l'ordonnance, retient que le préfet, appelant, n'a pas soutenu son appel ;

Qu'en statuant ainsi, alors qu'il lui incombait, même en l'absence du préfet et de son représentant, de répondre aux moyens qui figuraient dans la déclaration d'appel, le premier président a violé les textes susvisés ;

Et vu les articles L. 411-3 du code de l'organisation judiciaire et 1015 du code de procédure civile ;

PAR CES MOTIFS et sans qu'il y ait lieu de statuer sur les autres branches du moyen :

CASSE ET ANNULE, sauf en ce qu'elle déclare l'appel recevable, l'ordonnance rendue le 8 mai 2018, entre les parties, par le premier président de la cour d'appel de Rouen ;

DIT n'y avoir lieu à renvoi ;

Vu l'article 700 du code de procédure civile, rejette la demande ;

Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite de l'ordonnance partiellement cassée ;

Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, première chambre civile, prononcé par le président en son audience publique du onze juillet deux mille dix-neuf et signé par lui et par Mme Randouin, greffier de chambre, qui a assisté au prononcé de l'arrêt. MOYEN ANNEXE au présent arrêt

Moyen produit par la SCP L. Poulet-Odent, avocat aux Conseils, pour le préfet de la Seine-Maritime

Il est fait grief à l'ordonnance attaquée D'AVOIR confirmé l'ordonnance du juge des libertés et de la détention entreprise, en ce qu'elle avait déclaré la décision de placement en rétention de M. Y... irrégulière et ordonné en conséquence la remise en liberté de l'étranger ;

AUX MOTIFS QUE le préfet de la Seine-Maritime, appelant, n'avait pas soutenu son appel devant la cour ; que, par conséquent, le premier juge ayant fait une exacte appréciation des faits et une correcte application de la loi, constatant que par jugement rendu le 17 octobre 2017, le tribunal administratif de Rouen avait estimé caduque la mesure d'expulsion prise à l'encontre de M. Y..., il convenait de confirmer l'ordonnance entreprise en toutes ses dispositions ;

ET AUX MOTIFS ADOPTES QUE l'arrêté de placement en rétention administrative se fondait sur un arrêté d'expulsion du 14 mai 1999 ; que, pourtant, un jugement du tribunal administratif de Rouen du 17 octobre 2017 avait annulé un précédent arrêté fixant le pays de destination de la mesure d'expulsion prise à l'encontre de l'intéressé – et strictement identique à l'arrêté pris le 4 mai 2018 pour le même objet – au motif que la mesure d'expulsion prononcée en 1999 était caduque ; que l'autorité administrative ne pro