Ce guide appartient au parcours Salaire, cotisations et aides.
Votre retraite ne vous donne pas, à elle seule, une exonération de cotisations Cesu. Les droits sociaux dépendent notamment de votre âge, de votre autonomie et des prestations dont vous bénéficiez. Le crédit d’impôt constitue un dispositif distinct, qui peut aussi bénéficier à un foyer non imposable.[1][3]
Ce guide concerne les personnes qui emploient un salarié pour leurs besoins privés à domicile. Il ne traite pas du départ à la retraite du salarié. Les repères sociaux ci-dessous correspondent aux sources officielles consultées le 11 septembre 2026 ; les montants d’une période antérieure doivent être examinés avec les règles de cette période.
Le seuil de 80 ans et la transition de 2026
Jusqu’à fin 2025, l’exonération automatique liée à l’âge concernait les personnes de 70 ans ou plus. Le décret du 8 avril 2026 a relevé ce seuil à 80 ans avec une application juridique au 1er janvier 2026 ; Service Public précise que l’Urssaf applique les nouvelles modalités aux particuliers employeurs à partir du 1er juillet 2026.[2]
À 74 ans, vous ne devez donc plus retenir une exonération au seul motif de votre âge pour une déclaration de septembre 2026. En revanche, un droit fondé sur l’APA, la PCH aide humaine ou le recours nécessaire à une tierce personne peut encore être examiné, indépendamment du seuil de 80 ans.[1][3]
Si vous contestez un prélèvement pendant la transition, demandez au Cesu le motif d’exonération enregistré, les mois concernés et le détail de la régularisation. Une comparaison entre deux prélèvements ne suffit pas à établir un trop-perçu : le salaire, les heures ou les éléments déclarés peuvent aussi avoir changé.
Seul ou en couple : la démarche n’est pas toujours automatique
Lorsque vous avez vous-même 80 ans ou plus, la fiche Service Public indique que l’exonération est accordée automatiquement, sans document à fournir. Si vous l’obtenez parce que vous vivez en couple avec une personne de 80 ans ou plus, elle prévoit une demande écrite au Cesu, ou à l’Urssaf hors Cesu, accompagnée d’un justificatif de la date de naissance de cette personne.[1]
Le plafond est mensuel et s’applique au ménage. Deux personnes âgées ouvrant droit à l’exonération dans un même ménage ne doublent pas cet avantage.[1]
Pour le régime métropolitain illustré ici, le ministère du Travail indique une rémunération exonérable limitée à 65 fois le Smic horaire du premier jour du mois, soit 800,15 € à compter du 1er juin 2026. Il s’agit d’une assiette de rémunération, pas d’une aide de 800,15 € versée sur votre compte.[3]
L’exonération reste partielle. La retraite complémentaire, la prévoyance, l’assurance chômage, les accidents du travail, diverses contributions et toutes les cotisations salariales restent dus selon la liste officielle. Utilisez l’estimation Cesu pour connaître votre coût ; ne retranchez pas toutes les charges du salaire brut.[1]
Avant 80 ans : faire examiner le bon motif
Pour un bénéficiaire de l’APA, la demande d’exonération s’accompagne de la notification d’attribution. Pour les prestations liées au handicap ou à une tierce personne, la fiche demande le justificatif en cours de validité correspondant. Le ministère précise notamment le cas de l’élément aide humaine de la PCH : le financement d’un équipement ne doit pas être assimilé sans examen à ce droit.[1][3]
À partir de 62 ans, lorsque l’assistance d’une tierce personne est nécessaire pour accomplir les actes ordinaires de la vie, Service Public prévoit une demande accompagnée d’une attestation d’incapacité remplie par le médecin traitant. Le simple fait de vouloir déléguer le ménage ne remplace pas cette condition.[1]
Une carte d’invalidité ou une CMI portant la mention invalidité fait également l’objet d’une rubrique et de justificatifs spécifiques dans la fiche Cesu. Faites qualifier votre situation plutôt que de déduire un droit de n’importe quelle carte de mobilité.[1]
Sans exonération particulière : la déduction forfaitaire
En métropole, chaque heure effectivement travaillée ouvre droit à une déduction forfaitaire de 2 € de cotisations patronales, calculée automatiquement par l’Urssaf dans les autres cas. Les heures de congés payés ne sont pas concernées. Cette déduction ne se cumule pas avec une exonération de cotisations patronales de Sécurité sociale.[1][3]
Exemple pédagogique : 24 heures effectivement travaillées donnent une déduction de 24 × 2 € = 48 €, sous les conditions du dispositif. Ce n’est ni une baisse du salaire convenu, ni un second avantage à soustraire d’un appel de cotisations qui l’intègre déjà.
Le ministère distingue un montant de 3,70 € dans les DOM et dans les collectivités qu’il énumère : Saint-Barthélemy, Saint-Martin et Saint-Pierre-et-Miquelon. Ne transposez pas le montant métropolitain à votre déclaration ultramarine sans faire vérifier le régime territorial applicable par l’organisme compétent.[3]
Si votre autonomie diminue, demander une évaluation APA
L’APA à domicile s’adresse aux personnes d’au moins 60 ans résidant en France de façon stable et régulière, dont la perte d’autonomie est classée en GIR 1 à 4. L’équipe médico-sociale du département évalue les besoins à domicile et propose un plan d’aide. L’accès à l’APA n’est pas soumis à un plafond de revenus, mais les ressources déterminent la participation financière.[4]
Le plan peut financer l’aide à domicile et d’autres besoins reconnus. Son montant ne correspond pas nécessairement au coût total du salarié. Si votre évaluation relève du GIR 5 ou 6, la CNSA oriente vers la caisse de retraite ou la mairie pour des aides sous conditions ; elle ne promet pas un montant identique à tous les retraités.[4]
L’APA régulièrement attribuée n’est pas récupérable sur la succession. Cela ne dispense pas de justifier les dépenses : le département peut récupérer des sommes non utilisées pour le plan ou suspendre le versement dans les situations prévues.[4]
Calculer le budget sans compter deux fois les aides
Prenez le salaire net payé et les cotisations réellement dues après le traitement Cesu. Retirez ensuite les aides affectées à ces dépenses. Le crédit d’impôt porte sur la charge éligible effectivement supportée, à hauteur de 50 % dans les limites annuelles applicables.[6][7]
Exemple fictif : pour une année, 8 400 € de dépenses éligibles après traitement des cotisations et 2 400 € d’APA affectée à ces dépenses laissent 6 000 € à votre charge avant impôt. Sous les conditions fiscales et dans un plafond disponible suffisant, le crédit théorique est de 3 000 €, et le coût après ce crédit de 3 000 €. Cet exemple ne calcule ni votre APA ni votre exonération.
L’absence d’impôt à payer ne supprime pas le crédit : l’excédent peut être restitué. En revanche, le crédit annuel n’est pas une promesse de versement mensuel ni une garantie d’accès à l’avance immédiate dans votre situation.[3]
Les pièces à réunir
Conservez ensemble la notification d’aide, le justificatif du motif d’exonération, les déclarations et avis Cesu, les paiements et l’attestation fiscale annuelle. Le Cesu demande de déduire les aides affectées à l’emploi ; la DGFiP prévoit les justificatifs d’emploi sur demande.[6][7]
Lors d’un changement d’autonomie, d’une hospitalisation ou d’un changement d’intervenant, prévenez l’équipe APA. Une hausse des besoins peut justifier de faire réexaminer le plan ; elle n’augmente pas automatiquement les sommes financées.[4]
Le salaire reste soumis au minimum légal ou conventionnel le plus favorable, et se paie chaque mois à la date prévue au contrat. Votre budget et vos aides ne permettent pas de réduire unilatéralement les droits du salarié.[5]
Sources
[1] https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F12384 — Emploi à domicile : exonération des cotisations sociales [2] https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A18875 — Exonération liée à l’âge : passage à 80 ans en 2026 [3] https://travail-emploi.gouv.fr/emplois-domicile-credit-dimpot-et-exoneration-de-charges-patronales — Emplois à domicile : crédit d’impôt et exonérations [4] https://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr/vivre-a-domicile/aides-financieres/l-apa-a-domicile — L’APA à domicile — CNSA [5] https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F142 — Paie du salarié à domicile employé par un particulier [6] https://www.cesu.urssaf.fr/info/accueil/question-du-moment/comment-beneficier-de-mon-avanta.html — Cesu : avantage fiscal et attestation 2025 [7] https://www.impots.gouv.fr/particulier/emploi-domicile — Emploi à domicile — DGFiP