Retraite de l’employé à domicile : cotisations, trimestres et points

Le salarié d’un particulier employeur relève d’une retraite de base et d’une retraite complémentaire obligatoire ; l’Ircem Agirc-Arrco gère la complémentaire du secteur.[1]

Ce guide concerne l’emploi salarié à domicile relevant du régime général, avec des repères Urssaf de métropole et des Drom hors Mayotte. Il ne détermine ni une date personnelle de départ ni le montant d’une pension ; les taux ci-dessous sont ceux du barème au 1er janvier 2026.[4]

Deux régimes, deux lectures des droits

La retraite de base relève de la CNAV et de son réseau ; son calcul tient compte notamment de la durée d’assurance et des revenus de carrière.[1]

La retraite complémentaire Agirc-Arrco fonctionne en points, accumulés sur le compte individuel ; leur valeur à la liquidation intervient dans le calcul de la pension.[1]

L’Ircem centralise les cotisations complémentaires perçues par l’Urssaf et reconstitue les droits acquis dans le secteur privé.[1]

Conseil pratique : vérifiez les salaires et trimestres sur le relevé de carrière, puis les points de retraite complémentaire. Une ligne de cotisation sur un bulletin ne remplace pas cette vérification des droits enregistrés.

Lire les lignes retraite du bulletin

Le barème Urssaf au 1er janvier 2026 indique, pour l’assurance vieillesse de base, 6,90 % à la charge du salarié et 8,55 % à la charge de l’employeur dans la limite du plafond ; sur la totalité de la rémunération, les taux sont respectivement 0,40 % et 2,11 %.[4]

Pour la retraite complémentaire en tranche 1, le même barème affiche 3,15 % salarié et 4,72 % employeur, dans la limite du plafond mensuel de 4 005 € en 2026 ; la contribution d’équilibre générale (CEG) de tranche 1 est distincte, à 0,86 % salarié et 1,29 % employeur.[4]

Au-delà du plafond, le barème prévoit une tranche 2 de retraite complémentaire jusqu’à huit plafonds, avec 8,64 % salarié et 12,95 % employeur ; la CEG de tranche 2 est de 1,08 % salarié et 1,62 % employeur.[4]

La contribution d’équilibre technique (CET) s’applique, d’après ce barème, aux salariés dont la rémunération dépasse le plafond, dès le premier euro, à 0,14 % salarié et 0,21 % employeur.[4]

La ligne Ircem de prévoyance et contributions associées est séparée de la ligne de retraite complémentaire ; elle comprend notamment un financement de l’indemnité de départ à la retraite.[4]

Ne calculez pas les points en divisant toutes les retenues Ircem par une valeur de point. Ce guide présente les prélèvements du barème, pas une formule de conversion de chaque contribution en droits.

Exemple limité à un mois et à certaines lignes

Hypothèse : 1 000 € brut pour un mois, un seul employeur, une rémunération entièrement située sous le plafond applicable, sans exonération patronale ni régularisation. Avec les taux 2026 ci-dessus, la vieillesse de base donne 73,00 € de part salariale et 106,60 € de part patronale ; la complémentaire tranche 1 donne 31,50 € et 47,20 € ; la CEG donne 8,60 € et 12,90 €.[4]

Ces montants ne sont ni le total des cotisations sociales, ni un calcul du net à payer, ni une estimation de pension. En cas de plusieurs employeurs, de dépassement du plafond ou de situation particulière, demandez à l’Urssaf le traitement des assiettes avant de reproduire l’exemple.

Valider des trimestres : le revenu compte, pas seulement les heures

Depuis 2014, le revenu minimal permettant de valider un trimestre est égal à 150 fois le Smic horaire brut en vigueur au 1er janvier de l’année ; en 2026, la fiche Service Public retient 1 803 € de revenu soumis à cotisations pour un trimestre.[2]

Les seuils annuels 2026 sont donc 3 606 € pour deux trimestres, 5 409 € pour trois et 7 212 € pour quatre ; ces seuils ne constituent pas des pensions à recevoir.[2]

La durée d’assurance est limitée à quatre trimestres par année civile ; travailler pour plusieurs employeurs ne permet pas de dépasser cette limite annuelle.[2]

La validation dépend des revenus soumis à cotisations, non du nombre de trimestres civils effectivement travaillés, sauf les règles particulières de l’année du départ ; le plafond mensuel limite aussi le revenu retenu, et la fiche précise qu’au maximum deux trimestres peuvent être validés avec un seul mois de salaire en 2026.[2]

Exemple : 601 € soumis à cotisations chaque mois pendant douze mois représentent 7 212 € sur l’année. Hors année de départ et sous réserve de l’enregistrement correct de ces revenus, cet exemple atteint le seuil de quatre trimestres ; il ne fixe pas le montant futur de la pension.[2]

L’année du départ, les cotisations sont décomptées jusqu’au dernier jour du trimestre civil précédant la date d’admission à la retraite ; Service Public donne l’exemple d’un départ au 1er septembre, pour lequel le décompte s’arrête au 30 juin et deux trimestres au plus sont retenus, même si les salaires permettraient normalement d’en valider quatre.[2]

Interruptions de carrière et conditions de départ

Certaines périodes non cotisées peuvent être retenues sous conditions, notamment maladie, maternité ou chômage ; elles ne doivent pas être confondues avec des trimestres effectivement cotisés, en particulier pour les dispositifs qui exigent une durée cotisée comme la carrière longue.[2]

L’âge de départ et le nombre de trimestres nécessaires au taux plein dépendent notamment de la date de naissance ; la fiche officielle distingue aussi le taux plein automatique à 67 ans et la décote lorsque les conditions ne sont pas remplies avant cet âge.[2]

Utilisez votre relevé et une estimation individuelle avant de fixer une date. Ce guide ne reproduit pas un calendrier de départ par génération : la situation personnelle et les règles applicables à la date envisagée doivent être contrôlées auprès des caisses.

Corriger un relevé et préparer la demande

Service Public renvoie au relevé de carrière accessible dans l’espace personnel de l’Assurance retraite pour retrouver les trimestres acquis et aux outils d’estimation pour le montant de retraite.[2]

Conseil pratique : rapprochez, année par année, les salaires déclarés de tous vos employeurs, les bulletins et les justificatifs des périodes d’interruption. En cas d’écart, signalez précisément l’employeur et la période à la caisse concernée ; ne concluez pas qu’une période manquante est définitivement perdue.

L’Ircem propose des informations sur la demande de retraite et renvoie à Info Retraite pour évaluer l’âge de départ ainsi qu’à Agirc-Arrco pour estimer la pension.[1]

Périmètre : cotisations et constitution des droits, sans procédure de rupture du contrat, calcul de l’indemnité de départ, cumul emploi-retraite ou liquidation personnalisée. Vérifiez de nouveau les taux pour toute période autre que celle du barème utilisé.

Sources

[1] https://www.ircem.eu/nos-metiers/la-retraite-complementaire — La retraite complémentaire - Groupe IRCEM [2] https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1761 — Durée d’assurance retraite du salarié du secteur privé | Service Public [4] https://www.urssaf.fr/accueil/outils-documentation/taux-baremes/taux-cotisations-particuliers.html — Taux et barèmes - Salariés à domicile, emplois familiaux et gardes d’enfants à domicile - Urssaf.fr